Taxes américaines sur l'acier: un bras de fer plus politique que commercial

Les gros sidérurgistes vont très vraisemblablement perdre des marchés aux États-Unis. Cela dit, pas de quoi les mettre en faillite non plus, les États-Unis ne sont pas le principal client pour l’exportation.
Les gros sidérurgistes vont très vraisemblablement perdre des marchés aux États-Unis. Cela dit, pas de quoi les mettre en faillite non plus, les États-Unis ne sont pas le principal client pour l’exportation. - © SCOTT OLSON - AFP

Depuis ce vendredi, les entreprises européennes, canadiennes et mexicaines qui exportent de l’acier ou de l’aluminium vers les États-Unis vont devoir payer des taxes de 25% et 10%. Cela veut dire que nos métaux coûtent plus cher là-bas, sont moins concurrentiels et que leurs fabricants risquent de perdre des clients américains. Un coup dur pour nos entreprises?

Cela dépend évidemment de quelles entreprises nous parlons. Les gros sidérurgistes vont très vraisemblablement perdre des marchés aux États-Unis. Cela dit, pas de quoi les mettre en faillite non plus, les États-Unis ne sont pas le principal client pour l’exportation. En Wallonie, 90% de nos exportations d’acier et d’aluminium partent chez les voisins européens et pas du tout vers les États-Unis. Pour Didier Van Caillie, professeur en stratégie commerciale à l’université de Liège, on est plutôt ici dans l’ordre de l’avertissement symbolique envoyé par les États-Unis : "La principale conséquence de cette annonce est de nature plus politique, puisqu’elle met en question le principe du libre échange et de l’ouverture la plus large possible du commerce international".

Contre-attaque sur les produits américains

Afin de relativiser encore un peu, l’Europe a déjà annoncé des contre-attaques. Elle va aussi taxer en retour des produits américains qui sont eux aussi symboliques : les jeans, le beurre de cacahuètes, le jus d’orange, etc. Ce que l’économie européenne risque donc de perdre avec l’acier et l’aluminium, elle pourrait bien le regagner ailleurs.

Pour le moment, on se dirige donc vers un bras de fer politique plutôt que vers un bras de fer commercial. L’Europe est en pleine négociation commerciale avec les États-Unis et ces taxes sont donc un moyen pour Donald Trump de mettre la pression. S’il avait voulu vraiment mettre l’Europe en difficulté, il se serait sûrement attaqué à d’autres secteurs. Le risque qui existe tout de même maintenant est les contre-attaques "œil pour œil, taxes pour taxes" s’il y a une escalade dans les réactions. Pour le moment, c’est proportionné, mais si on en vient à un emballement, on serait alors au bord de la guerre commerciale.

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