Taxe sur les dépôts bancaires à Chypre: amendements possibles

Taxe sur les dépôts bancaires à Chypre: amendements possibles
Taxe sur les dépôts bancaires à Chypre: amendements possibles - © BARBARA LABORDE - AFP

Les Chypriotes sont toujours dans l'attente. Le vote sur le plan d'aide européen est reporté à mardi 17h. Le gouvernement chypriote est en train de revoir le plan d'aide européen, ou en tout cas la taxe annoncée sur l'épargne qui se trouve dans les banques chypriotes. Selon plusieurs sources, le gouvernement pourrait tenter d'alléger la charge sur les petits épargnants et augmenter celle qui frapperait les grosses fortunes.

La Banque centrale européenne a déjà annoncé qu'elle se fichait un peu de savoir qui était taxé et comment, du moment que Chypre apporte bien 6 milliards d'euros au plan d'aide.

"C'est le programme d'ajustement du gouvernement chypriote, pas celui de la Troïka ou d'un autre gouvernement", a déclaré Jörg Asmussen, membre allemand du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'une conférence à Berlin tandis qu'une source européenne à Bruxelles affirmait que des négociations étaient déjà en cours pour réviser ce plan.

"Si le président chypriote veut changer quelque chose à la taxe sur les dépôts, c'est entre ses mains", a-t-il ajouté, "il devra juste s'assurer que le financement est intact", c'est-à-dire que Chypre apporte sa propre contribution d'environ 6 milliards d'euros.

Les ministres des Finances de la zone euro se concertent ce lundi soir, par téléconférence, pour faire le point sur une éventuelle adaptation du plan financier conclu avec Chypre.

Une taxe de 12,5% pour les plus riches

Parmi les scénarios évoqués, l'exonération des petits épargnants avec trois taux d'imposition pour les autres. La taxe devrait ainsi varier en fonction du montant de l'épargne. Un taux de 12,5% serait appliqué pour les sommes dépassant 500 000 euros.

Les autorités chypriotes sont au travail en ce moment, avec un seul but, trouver 6 milliards d'euros, c'est la condition indispensable pour que la zone euro et le Fonds monétaire international débloquent de leur côté environ 11 milliards d'euros de prêts.

Les débats risquent d'être houleux

Le parti communiste Akel (19 députés), et les socialistes de l'Edek (5 sièges) ayant d'ores et déjà rejeté le plan de sauvetage, également critiqué au sein du Diko (centre-droit, 8 sièges), allié du parti de droite Disy (droite, 20 sièges) du président.

"Si l'accord est rejeté, alors nous nous retrouverons très probablement hors de l'Europe et nous devrons repartir de zéro", estime l'économiste chypriote Simeon Matsi.

Banques fermées

Les banques chypriotes sont toujours fermées, et les distributeurs d'argent ont été pris d'assaut. Mais la somme correspondante à la taxe est d'ores et déjà bloquée par les banques. Certains estiment que les banques pourraient rester fermées plusieurs jours pour éviter un exil financier massif qui mettrait les banques déjà fragiles par terre.

La Banque centrale européenne a assuré à Chypre qu'elle interviendrait si le plan d'aide était voté, elle se dit prête à fournir tout l'argent nécessaire aux banques pour ne pas s'effondrer.

"Injuste"

Avant l'annonce du report, des syndicats avaient appelé à manifester dans l'après-midi devant le parlement. Selon un sondage réalisé dimanche auprès de 600 Chypriotes, 71% d'entre eux ont dit souhaiter que le parlement rejette le plan, mais 62% ont aussi déclaré vouloir rester dans la zone euro.

Chypre est le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d'un programme d'aide internationale, mais la décision radicale et inédite de taxer tous les dépôts bancaires mettait lundi les banques de l'ensemble de la zone sous pression et pesait sur les marchés financiers.

"Cette solution lève un tabou aux conséquences considérables pour l'ensemble du système bancaire européen", a souligné la banque française CM-CIC.

C.B. avec A. Blanpain, Belga et AFP

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