Taxe au km : "Si on ne fait pas quelque chose pour les transporteurs, c'est la mort directe"

La société Cabay craint pour son avenir
La société Cabay craint pour son avenir - © cabaytransport.be

La taxe kilométrique (11,3 centimes au km pour les camions de plus de 3,5 tonnes) qui a été adoptée par les trois Régions devrait entrer en vigueur en avril 2016. Les transporteurs ne décolèrent pas. Cette taxe va signer l'arrêt de mort des petits transporteurs et mettre à mal tout le secteur. Avec un bénéfice pour l'entretien des autoroutes dont ils doutent fortement.

Les trois organisations de transporteurs font défiler 200 camions ce jeudi matin sur le ring de Bruxelles pour alerter le grand public et interpeller les gouvernements régionaux. Mais cette taxe, dont on parle depuis plus de 20 ans, est-elle réellement une menace pour ces entreprises ?

Cabay est une petite société de transport de Houdeng-Goegnies dans la région du Centre. A chaque tour de roue que fera son camion, Michael Absil responsable de la flotte de la société Jubile Invest, perdra de l'argent avec la taxe kilométrique. Il a fait ses calculs et le résultat est sans appel : "Cela va représenter, à peu près, 270 000 euros de coût supplémentaire dont on n’est pas sûr de pouvoir répercuter l’entièreté sur le client. Donc, un manque à gagner certain à venir".

Avec ses 30 camions qui parcourent chacun en moyenne 75 000 km par an, ce sont bien 270 000 euros que devra payer la société. Une société qui, comme tout le secteur, se remet à peine des crises précédentes. "On vient de sortir d’une période de crise relativement importante, comme tout le monde, par rapport à la crise financière. Mais, quelques années auparavant, on a aussi dû subir la hausse du gasoil qui a été très difficile à répercuter aux différents clients. Et donc, oui, on sort tout doucement la tête hors de l’eau par rapport à ces deux crises et on vient gentiment nous renfoncer la tête" explique Michael Absil.

Si le coût de la taxe devait être répercuté sur les prix, les clients iraient certainement voir ailleurs. Et pour Myriam Cabay, la patronne de la société, ce serait tout simplement "impossible. Donc là, si on ne fait pas quelque chose pour les transporteurs, c’est la mort directe pour toutes les PME".

Alors ce jeudi plusieurs camions de la société participent à la manifestation; pour ne pas en arriver à couper définitivement le moteur.

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