Taux directeurs: que vont décider les patrons des principales banques centrales?

Les patrons des principales banques centrales du monde sont réunis à Jackson Hole, aux États-Unis. Comme tous les ans, ils passent deux jours ensemble. Mais cette année-ci, la réunion est particulièrement importante, puisque tous les acteurs de l’économie mondiale vont décortiquer le discours de Jerome Powell, le patron de la Banque centrale américaine.

Cette réunion se déroule à Jackson Hole (Wyoming), une petite station de ski perdue au milieu des États-Unis et entourée de montagnes. Les banquiers centraux du monde se retrouvent là tous les ans. Ils ne prennent pas de décisions, il n’y a pas d’annonce officielle. Il s'agit plutôt des rencontres et des discussions informelles. C’est une sorte de séminaire entre eux, mais c’est une excellente occasion de prendre le pouls de l’économie mondiale pour essayer de lire entre les lignes de leurs discours et d’anticiper les politiques des prochains mois. Comme le contexte économique est agité pour le moment et comme il est particulier cette année, les discours sont donc effectivement très attendus.

Ce que tout le monde attend est la réponse de ces banques centrales au ralentissement économique mondial. Ces dernières années, les banques centrales ont injecté beaucoup d’argent dans l’économie, elles ont baissé les taux d’intérêt pour rendre l’argent plus accessible et plus disponible, ce qui a permis aux entreprises et aux particuliers d’emprunter, et donc d’investir pour relancer l’économie après la crise de 2008.

Contrer le ralentissement

Sauf que depuis quelques mois, cela ralentit à nouveau. En Allemagne, par exemple, le moteur économique européen, on prévoit une récession d’ici la fin de l’année. Il y a également beaucoup d’incertitudes : la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le Brexit, etc. Pour Philippe Ledent, économiste senior chez ING, la grande question est de savoir comment vont réagir ces banques centrales et quelle politique monétaire elles vont adopter : "La politique monétaire est un des instruments qui peut être développé pour lutter contre un ralentissement économique ; cela a été beaucoup utilisé ces 10 dernières années. Et donc, face à un nouveau ralentissement, la question est de savoir ce que peuvent une nouvelle fois faire les banques centrales pour contrer le ralentissement qui se manifeste".

La réponse la plus probable est de continuer à faire ce que les banques centrales ont fait ces dernières années, ce qu’on appelle une politique accommodante, c’est-à-dire injecter de l’argent et baisser les taux. Cela a d’ailleurs déjà un peu commencé puisque la Banque centrale américaine a légèrement baissé ses taux directeurs fin juillet, en plein milieu de l’été. La Banque centrale européenne, elle, annonce des mesures fortes en septembre. On ne sait pas encore quoi exactement, mais probablement de nouveau des rachats d’actifs. Certains répondent déjà que c’est ce qu’on a fait pendant 10 ans et que cela n’a pas eu les effets espérés.

Pour Philippe Ledent, les banques centrales sont un peu coincées : "Il semble assez logique de se dire que baisser encore les taux quand ils sont déjà négatifs ne va pas avoir un impact formidable sur l’économie. Mais d’un autre côté, ne pas le faire va peut-être encore avoir des conséquences pires sur les marchés et sur l’économie. Il vaut donc mieux le faire. C’est un peu le raisonnement aujourd’hui de la Banque centrale de se dire : 'd’accord, je ne suis peut-être pas le plus efficace, mais si je ne le fais pas, la situation est encore pire'".

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