S&P dégrade la note de la Belgique, Yves Leterme veut un budget avant lundi

Yves Leterme veut un budget avant lundi
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Yves Leterme veut un budget avant lundi - © RTBF

L'agence de notation Standard & Poor's a dégradé la note de la Belgique. Elle baisse d'un cran, et passe de "AA+" à "AA". Didier Reynders a rapidement réagi et se veut rassurant: "La note reste l'une des plus solides d'Europe". Yves Leterme veut, lui, un accord avant l'ouverture des marchés, lundi.

L'agence craint que les "difficultés du secteur financier" nécessitent un soutien plus important des pouvoirs publics qui alourdirait la dette déjà élevée du pays, dans un contexte d'"incertitude politique" qui continue de peser sur la crédibilité de la Belgique en tant qu'emprunteur.

La note "AA" de la Belgique, qui appartient à la catégorie des émetteurs de "haute qualité", est assortie d'une perspective négative.

Si la Belgique devait de nouveau voler au secours de son secteur bancaire, comme en 2008, sa dette, qui devrait atteindre 97% du produit intérieur brut à la fin de l'année, pourrait dépasser les 100%, estime l'agence.

Cela ne manquerait pas d'alourdir le déficit budgétaire d'un pays dont l'économie, "parmi les plus ouvertes de la zone euro", est "vulnérable à tout affaiblissement de la demande extérieure", ajoute l'agence.

Paul De Grauwe: "Une dégradation pas justifiée"

Cette dégradation n'aurait que des effets "minimes" selon les mots de Paul De Grauwe, professeur d'économie à la KUL. Il s'explique: "Les agences de notation réagissent toujours à ce qu'il se passe dans le marché. Nous avons vu dans les derniers jours une hausse du taux d'intérêt. A un certain moment, les agences de notation entérinent tout cela en dégradant la note. Ce n'est donc pas vraiment un gros problème", dit-il sur les ondes de la RTBF.

Paul De Grauwe ne trouve pas que cette dégradation est justifiée. "Ce qui règne aujourd'hui dans les marchés financiers, c'est la panique généralisée. Résultat: les taux d'intérêts augmentent". "Il faudrait une instance qui puisse arrêter cette panique".

D'après S&P, l'incertitude politique constitue un risque pour la note de notre pays. L'agence de notation s'attend ainsi à un recul de la croissance en 2012.

"Il faut agir, faire un budget crédible, décider... avant l'ouverture des marchés"

Yves Leterme estime qu'il s'agit d'une mauvaise nouvelle, mais qui "n'est pas totalement inattendue" explique-t-il à notre journaliste sur place. "Mais cela prouve encore une fois qu'il faut agir, faire un budget crédible, décider de réformes importantes". "Tout le monde a fait des efforts, mais là maintenant il faut vraiment une réponse claire, nette et crédible pour éviter le pire". Le premier ministre en appelle à à ce que les négociateurs finalisent les discussions avant l'ouverture des marchés, lundi. Ce vendredi soir, les négociateurs sont réunis pour finaliser les discussions budgétaires.

"La note reste forte", explique Didier Reynders

Selon le ministre des Finances Didier Reynders, "cette dégradation reflète la progression des taux d'intérêt dans notre pays et dans toute la zone euro, ce qui est entre autres lié à la diminution de confiance des investisseurs sur le plan mondial". Dans ce cadre, la note de différents pays au sein et à l'extérieur de la zone euro a été
récemment dégradée, a-t-il précisé dans un communiqué.

Le ministre des Finances a cependant précisé qu'"après cette dégradation, la note belge reste l'une des plus solides d'Europe". Grâce à la réduction du déficit public réalisée à nouveau depuis 2009 (et à l'effort continu de réduction de la dette publique depuis le milieu des années nonante, qui a vu notre dette chuter de plus de 40% du PIB), "la Belgique est l'un des rares pays de la zone qui soit parvenu à stabiliser sa dette publique, dont la trajectoire est d'ores et déjà orientée à la baisse", assuré Didier Reynders.
     
Selon le ministre, l'annonce faite par Standard & Poor's renforce encore la nécessité de "finaliser à très brève échéance le budget 2012" en avance par rapport aux engagements pris vis-à-vis de l'Union européenne, à savoir un solde net à financer de maximum 2,8% du PIB en 2012 et un retour à l'équilibre budgétaire au plus tard en 2015.
     
Cette réduction du déficit des finances publiques devra comporter des "mesures structurelles", a-t-il insisté. Cela doit également renforcer notre détermination à adopter les réformes nécessaires au renforcement du potentiel de croissance de notre économie, notamment dans le domaine du marché du travail.

Olivier Maingain demande un gouvernement de priorités socio-économiques

Olivier Maingain dit constater que les partis associés à la négociation gouvernementale "ont ignoré, depuis le début, les signaux d'alerte donnés, tant par l'Union européenne que par les observateurs internationaux et ont exposé le pays au risque d'une spirale de l'endettement".
     
Le président du FDF a répété que son lui le tort des six partis est "d'avoir, dans un contexte de crise profonde, privilégié les exigences institutionnelles des partis flamands au détriment du bien-être de tous les citoyens".
     
Aujourd'hui, il y a urgence à former un gouvernement de priorités socio-économiques tout en différant la réforme de l'Etat pour que toutes les énergies se concentrent sur le rétablissement de la crédibilité de l'Etat belge dans l'Union européenne, a dit Olivier Maingain.

AdC avec agences

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