Spa-Francorchamps et son Grand Prix: gouffre à millions ou investissement rentable?

Rentable ou non, les fans, eux, espèrent que le Grand Prix de Formule 1 restera à Francorchamps les années à venir.
Rentable ou non, les fans, eux, espèrent que le Grand Prix de Formule 1 restera à Francorchamps les années à venir. - © BRUNO FAHY - BELGA

Le Grand Prix de Belgique de Formule 1 se tenait ce week-end à Spa-Francorchamps. Et chaque année, la santé financière de ce circuit se pose. Est-il un gouffre à millions ou un investissement rentable ? 

L'événement a attiré plus de 80 000 personnes. Les organisateurs parlent d'un succès, mais les sceptiques disent que cet événement sportif coûte plus qu'il ne rapporte.

C'est vrai que la Région Wallonne soutient ce Grand Prix à bout de bras depuis des années. Il faut 100 000 spectateurs pour rentabiliser l'événement. On est encore loin du compte.

Alors, pour combler l'insuffisance des recettes, la Région injecte des subventions. Elle a versé plus de 50 millions en 9 ans et la société Spa Grand Prix, qui organise l'événement, a toujours 11 millions de pertes en souffrance.

"Ça coûte un peu d’argent public avec des retombées qui dépassent largement le coût puisque les retombées économiques sur ce qui se passe génèrent aussi des recettes pour les communes et pour la Région Wallonne, commente, Étienne Davignon qui préside Spa Grand Prix. D'autre part, ce qu’on ne tient pas encore, c’est que la TVA est due à l’État fédéral. Or, si vous vendez 80 000 billets, ça fait quand une rentrée de TVA significative. Donc, si on ajoute les recettes de la TVA à ce qui a été perdu pendant les années d’organisation du Grand Prix, on verrait que le résultat est positif."

"Pour promouvoir le tourisme, il faut surtout se faire connaître"

Quant à ce que coûte et ce que rapporte précisément un événement comme le Grand Prix, l'Université de Liège a réalisé une étude sur le sujet il y a quelques années. Elle a montré que le Grand Prix apporte du chiffre d'affaires à l'Horeca et à l'hôtellerie, et puis aussi aux communes. Au total, le bilan est positif, même si le coût du "plateau" (de l'événement) est élevé.

François Cornélis, qui dirige le Royal Automobile Club de Belgique (RACB), est pour sa part convaincu que le circuit de Francorchamps et son Grand Prix sont un outil de développement économique.

"L'objet de maintenir un circuit à Francorchamps est fondamentalement de promouvoir le tourisme, assure-t-il. Cette province de Liège est dans ce qu’ils appellent l’Ardenne bleue. Alors, pour promouvoir le tourisme, il faut surtout se faire connaître. La Formule 1 est un moyen, cher peut-être, mais de se faire connaître dans le monde entier. Comme vous le savez, la retransmission de l’événement est universelle."

"Je crois que la Région Wallonne est en passe de réussir son pari. Je crois que c’est un outil économique au service de la Région qui pourra trouver sa rentabilité à l’avenir et, en tous les cas, beaucoup de monde y travaillent pour l’instant."

"Voir si le jeu en vaut la chandelle"

En attendant, quand on évoque l'objectif de rentabiliser Francorchamps, on en parle toujours au futur. Le ministre wallon de l'Economie Jean-Claude Marcourt (PS) dit qu'il remettra la question sur la table quand il faudra renégocier les droits du Grand Prix après 2018.

"De manière macro-économique, je dirais que nous gagnons puisque l’État belge gagne, les commerçants gagnent, les entreprises gagnent, mais c’est vrai que c’est la Région wallonne qui paie, synthétise-t-il. Lors du prochain renouvellement, je reposerai la question : 'Est-ce qu’il y a un consensus politique pour continuer à investir ?'. Je considère que c’est un investissement, que ce n’est pas une simple dépense, avec le fait que le circuit lui-même dégage des bénéfices. Tous ces éléments-là méritent d’être additionnés pour faire, à la fin, le bilan et de voir si le jeu en vaut la chandelle."

Ce qui est sûr, c'est que les amateurs de compétition automobile croisent les doigts pour que le Grand Prix s'inscrivent encore pour de nombreuses années à Francorchamps.

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