Sous l'effet de la sécheresse et de la crise turque, le prix du bétail recule

Depuis la réouverture du marché de Ciney début août, le prix des bovins a baissé de l'ordre de 10 à 20%, s'alarme la Fédération nationale du commerce de bétail (FNCB). Pour les éleveurs wallons, cela représente un manque à gagner pouvant aller de 100 à 400 euros par tête selon le type de bête.

Selon la FNCB, cette (nouvelle) baisse des prix s'explique par une conjonction d'événements, dont la sécheresse et la crise de la livre turque.

"Un peu partout en Europe, la pénurie d'herbe a poussé les éleveurs à réformer plus de vaches aussi bien laitières que viandeuses. L'augmentation de l'offre sur le marché et la saturation de celui-ci ont poussé les prix à la baisse", éclaire Benoît Cassart, secrétaire général de la FNCB.

La crise turque, au-delà des frontières

La crise monétaire actuelle en Turquie impacte également négativement le marché. Le pays est traditionnellement un important importateur de viandes européennes, mais en raison de la dévaluation vertigineuse de la livre turque ces dernières semaines, le pays a cessé ses importations, contribuant davantage à faire baisser les prix de jeunes taurillons.

Pour la FNCB, ces deux éléments viennent s'ajouter aux effets toujours bien sensibles du scandale de l'abattoir Veviba. "Veviba exportait une bonne partie de sa production vers les Pays-Bas et la Grèce par exemple. Ces marchés ont été perdus non seulement par l'entreprise mais aussi pour la Belgique dont l'image a été abîmée. Cette diminution de nos exportations renforce l'offre sur le marché intérieur et contribue donc à la baisse des prix", poursuit Beoît Cassart.

Selon lui, cette diminution de 10 à 20% des prix du bétail vient s'ajouter à la baisse de même ampleur enregistrée depuis deux ans sur le marché de la viande, menaçant ainsi toujours un peu plus la viabilité économique du secteur.

"Il faut bien se rendre compte que c'est tout un pan de l'économie qui est en danger. Le monde politique devrait prendre conscience de la gravité de la situation et reconstruire une politique synchronisée entre les pouvoirs régional, national et européen pour redonner des perspectives au secteur", insiste-t-il.

Si les prix de vente du bétail baissent, les coûts de production sont eux à la hausse. En raison de la sécheresse, le manque d'herbe a en effet dopé la demande des aliments de substitution comme les céréales ou les pulpes de betterave.

"Si on compare avec 2017, les céréales sont passées de 130 à 190 euros la tonne. La paille habituellement à un prix de 60 euros à la moisson se négocie aujourd'hui aux alentours de 90 voir 100 euros la tonne", souligne le secrétaire général de la FNCB.

"Alors que la rentabilité de la filière viande était déjà quasi nulle voire négative dans la majorité des exploitations wallonnes, ces nouveaux éléments de marché vont précipiter un grand nombre d'éleveurs et engraisseurs dans des difficultés financières insurmontables fin de cette année et c'est un secteur entier de notre économie qui est menacé à court terme", conclut celui-ci.

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