Soupçon de dumping social chez Jost: l'entreprise plaide la bonne foi, la CGSLB inquiète pour l'avenir

Soupçon de dumping social chez Jost: l'entreprise plaide la bonne foi, la CGSLB inquiète pour l'avenir
Soupçon de dumping social chez Jost: l'entreprise plaide la bonne foi, la CGSLB inquiète pour l'avenir - © Tous droits réservés

C'est la RTBF qui le révélait ce lundi matin: les enquêteurs de la police fédérale ont effectué lundi matin, dans un dossier de fraude sociale, des perquisitions à quinze adresses en Belgique liées à une entreprise de transport. "Nous sommes accusés à tort de dumping social, comme beaucoup de sociétés de transport avant nous, en Belgique et au Luxembourg", a indiqué par communiqué le groupe Jost.

"L'utilisation des travailleurs détachés est une réalité dans le secteur du transport, mais nous sommes particulièrement attentifs à ce que cela se fasse dans le strict respect des législations nationales et européennes. Si l'enquête devait mettre en lumière des agissements frauduleux, il conviendrait évidemment de prendre toutes les mesures nécessaires pour y mettre fin", a souligné dans un communiqué la CGSLB qui demande une solution de mise sous tutelle judiciaire de l'entreprise dans le cas où le management du groupe serait empêché d'assumer ses fonctions.

Effet dissuasif, espère la CSC

"Nous espérons que cet incident dans une des plus grandes sociétés de transport du pays aura un effet dissuasif", a réagi, satisfait, Jan Sannen, le responsable général de la CSC Transcom qui précise que les perquisitions ont eu lieu à Liège et Anvers. Le syndicat chrétien propose que des contrôles renforcés soient également opérés par l'inspection dans de grandes entreprises, pas seulement dans les PME.

Le groupe Jost a souligné pour sa part être "parfaitement en ordre à tous les niveaux" et agir en "collaboration totale avec les autorités".

Le parquet fédéral suspecte que l'entreprise ait fraudé des millions d'euros à la sécurité sociale entre 2014 et 2016. La société aurait travaillé via des intermédiaires en Roumanie et Slovaquie, avec des chauffeurs de ces pays pour les faire travailler en Belgique aux conditions d'emploi de leurs pays d'origine. Jost aurait également mis en place une telle structure au Luxembourg. Il y aurait 1100 chauffeurs employés de cette manière. L'ampleur de la fraude est estimée à 55 millions d'euros.

Les fédérations de transport rappellent la présomption d'innocence

De leur côté, les fédérations professionnelles du transport, Febetra et UPTR, rappellent que la société Jost bénéficie à ce stade de la présomption d'innocence. "L'enquête devra déterminer s'il est vraiment question de fraude sociale. Si c'est le cas, de tels faits doivent être sanctionnés sévèrement car il s'agit d'une concurrence déloyale", a indiqué une porte-parole de la Febetra.

L'UPTR dit, de son côté, prendre acte des perquisitions. Elle se félicite des contrôles menés par les autorités mais regrette que "le boulot n'ait pas déjà été fait il y a une dizaine d'années".

L'Union professionnelle du transport et de la logistique affirme balayer devant sa porte en publiant notamment l'ensemble des lignes de conduite à suivre pour toute société désirant mener une activité dans le secteur du transport en Belgique. "Nous sommes là pour défendre les entreprises belges. Libre à chacune d'avoir une filiale à l'étranger, dans la légalité, mais nous ne sommes pas un bureau de plaintes et ce n'est pas à l'UPTR qu'il faut venir pleurer pour des problèmes avec des filiales à l'Est", a commenté le secrétaire général de l'UPTR, Michaël Reul.

Ce dernier précise que Jost est l'une des entreprises les plus importantes dans le domaine en Belgique avec H.Essers. Un des directeurs de Jost est membre du conseil d'administration de l'UPTR.

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