Sortie du nucléaire: sans alternative, cela coûtera plus d'un milliard aux consommateurs, selon Elia

La centrale de Doel
La centrale de Doel - © DIRK WAEM - BELGA

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité Elia a lancé mercredi un véritable cri d’alarme : si la Belgique veut sortir du nucléaire en 2025, il faut décider maintenant d’investir dans de nouvelles centrales thermiques. La solution la plus efficace serait sans doute de choisir des centrales au gaz.

Mais ce choix technique n’est pas ce qui préoccupe le plus le patron d’Elia, Chris Peeters. Non, sa préoccupation est celle-ci : le monde politique, dit-il, doit rapidement prendre des décisions pour rendre possible la sortie du nucléaire sans mettre à mal l’approvisionnement en électricité du pays : "Nous, on ne va pas s’exprimer sur le fait de sortir du nucléaire, oui ou non, c’est une décision politique. Par contre, si on prend en compte la volonté de sortir du nucléaire, il faut agir aujourd’hui. Si on n’agit pas aujourd’hui, on va avoir une pénurie des capacités, ce qui veut dire qu’à ce moment-là on a un problème d’approvisionnement pour la Belgique".

Elia préconise d’agir simultanément sur deux axes : investir massivement dans les énergies renouvelables, mais en sachant que quand il n’y a pas de soleil ou de vent, il n’y a pas non plus de production électrique. Et pour combler les trous du renouvelable, il faut remplacer la production du parc nucléaire belge par des centrales thermiques au gaz. Pour convaincre les investisseurs d’investir, il préconise le système des "enchères ciblées".

Garantir un rendement

"Cette procédure, on en a besoin parce qu’on voit que dans le marché actuel, les signaux d’investissement commercial sont insuffisants et que cette capacité va finir. Et dans ce sens-là, il faut trouver un mécanisme pour faire en sorte que cette capacité soit construite, et c’est typiquement une enchère dans laquelle on garantit que la centrale sera rémunérée pour une différence de prix avec le prix de l’énergie" poursuit Chris Peeters.

Cela revient à garantir un rendement aux sociétés qui construiraient et exploiteraient de nouvelles centrales thermiques. Pourquoi cette garantie ? Tout simplement parce que, dit encore Elia, les prix actuels de l’électricité sont insuffisants pour rémunérer l’investissement.

Si effectivement le gouvernement fédéral suit ces recommandations, cela coûterait aux consommateurs entre 300 et 400 millions d’euros selon Elia, qui souligne néanmoins qu’il faut comparer ce surcoût à un autre surcoût, celui que devrait supporter le consommateur si on se contente de sortir du nucléaire sans prévoir autre chose. Là, la facture pourrait grimper jusqu’à 1 voire 1,5 milliard d’euros.

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