Sony cède son activité PC, supprime 5000 postes, Zaventem menacé

Le siège de Sony, à Tokyo le 9 mai 2013
Le siège de Sony, à Tokyo le 9 mai 2013 - © Toshifumi Kitamura

Le géant japonais de l'électronique Sony a annoncé jeudi la cession de sa division de PC à un fonds nippon, faute de rentabilité, se retirant ainsi de ce marché sur lequel il était entré il y a près de 20 ans. Avec les différentes restructurations en cours, 5000 postes sont menacés. Sony Zaventem, qui emploie quelque 350 personnes, sera "significativement" touchée par la restructuration annoncée jeudi par la firme électronique japonaise, a indiqué le conseil d'entreprise. Les syndicats formulent des craintes quant à la viabilité du site à long terme, a commenté la secrétaire LBC Annick Druyts.

Le groupe a précisé que les différentes mesures de réorganisation en cours réduiraient ses effectifs de 5000 postes, dont 3500 à l'étranger.

Parmi les 350 collaborateurs du groupe à Zaventem, une grosse partie travaille pour les activités Vaio, explique Annick Druyts. "L'impact pour la Belgique sera dès lors important. Nous craignons d'abord un grand nombre de licenciements. A long terme, c'est la viabilité du site de Zaventem qui est remise en question."

Les syndicats ne s'expriment pas quant à la position de Sony. "Ils prétendent encore ignorer l'impact précis du plan et n'auront des informations qu'en mars au plus tôt. C'est un non-sens. Ils laissent le personnel dans l'incertitude pour deux mois", commente Mme Druyts. "La direction refuse tout simplement de montrer son jeu."

Sony a en outre prévenu qu'il s'attendait désormais à une lourde perte annuelle de 110 milliards de yens (810 millions d'euros), au lieu d'un bénéfice de 30 milliards, du fait de méventes d'une partie de ses appareils électroniques grand public et de frais de restructuration.

Bien que ses ventes des neuf premiers mois aient grimpé de 16% à 5901 milliards de yens (44 milliards d'euros) et qu'il ait terminé dans le vert avec un bénéfice net de 11,17 milliards de yens et un résultat d'exploitation en hausse de 70% à 140 milliards de yens, Sony a reconnu être encore dans une phase difficile qui nécessite des mesures radicales, dont la cession des PC.

9e fabricant mondial de PC

Sony avait commencé à proposer des ordinateurs personnels en 1996, enregistrant un pic de ventes de près de 9 millions d'unités par an il y a quelques années, mais pour l'année comptable 2013, il ne mise plus que sur 5,80 millions et cette activité est déficitaire.

Sony est le 9e fabricant mondial de PC, une place assez honorable mais sa part de marché ne dépasse pas 1,9% pour la période de janvier à septembre, selon les calculs de l'institut IDC.

La montée en puissance des tablettes numériques et smartphones qui remplacent parfois les PC portables lamine le marché des ordinateurs personnels et, la concurrence étant féroce, Sony ne parvient plus à conserver des marges.

De surcroît, depuis des années déjà, la division des téléviseurs ne parvient pas à être rentable, ce qui constitue un énorme casse-tête pour le groupe qui de toute façon ne peut pas se retirer de ce marché emblématique de la marque, d'autant que "les TV restent le centre du divertissement multimédia", a répété à maintes reprises le patron Kazu Hirai.


AFP et Belga

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