Sonaca Aircraft inaugure son hall d'assemblage à l'aérodrome de Temploux

Avec 60 exemplaires en commande et la perspective d’une production à terme de 80 appareils par an, le petit biplace d’écolage et de loisirs Sonaca 200, le premier appareil de construction purement belge depuis une soixantaine d’années, a de beaux jours devant lui.

Ce premier appareil, né de la société Sonaca Aircraft, la filiale du groupe aéronautique public, sera assemblé dans un tout nouveau bâtiment de 2000 m² sur le site de l’aérodrome de Temploux (Namur). "Cette nouvelle ligne d’assemblage nous permettra de travailler simultanément sur huit appareils S200", signifie Pierre Van Wetter, directeur commercial de la filiale. "À différents stades d’assemblage, nous espérons pouvoir sortir un avion par semaine d’ici trois ans. Produire 20 avions par an est déjà une bonne moyenne. Nous voulons pousser à 60 ans d’ici trois ans, voir 80 en pleine capacité."

L’avion, construit principalement en aluminium, se décline en deux versions, le Sonaca 200 Trainer et son modèle Pro, équipé d’un "glass cockpit" présentant les informations de vol sur écran – et non plus sur des instruments classiques. Les deux versions ont obtenu leur certification de l’Agence européenne de Sécurité aérienne (EASA), respectivement en juin 2018 et en juillet dernier, et les livraisons ont débuté. "Dix avions ont été livrés et nous avons déjà vingt clients différents dont l’école de pilotage turque AYJET, basée à Istanbul, qui a commandé six appareils", indique vendredi le CEO de Sonaca Aircraft, Harold van der Straeten. "Notre marché est international. Nous livrons en Allemagne, en France, en Angleterre, en Turquie, etc. Les écoles de pilotage veulent de nouveaux appareils bien plus en rapport avec leur quotidien. Nous essayons de coller à la demande du marché."

 

L’aérodrome de Namur, le parfait point de chute

Si la maison mère de la Sonaco est située à Gosselies, c’est pourtant à Temploux que Sonaca Aircraft a décidé de développer son activité. "L’aérodrome de Namur présente plusieurs avantages", ajoute Harold Van Der Straten. "Nous sommes à côté de la maison mère de Gosselies. Nous avons aussi un accès direct avec la piste pour tester les avions une fois qu’ils ont été assemblés. L’aéroport de Gosselies ne nous permettait malheureusement pas de réunir ces deux conditions."

Avec un bail de 20 ans pour le hangar d’assemblage et une nouvelle piste en dur, construite spécialement pour la jeune entreprise, l’aérodrome de Temploux était le point de chute évident pour Sonaca Aircraft.

Un choix dont ne peut que se réjouir Benjamin De Broqueville, l’administrateur délégué de l’aérodrome de Namur. "Quelle fierté d’avoir une société belge qui construit des avions belges à Namur. C’est clairement un honneur." De là à imaginer un nouvel élan économique du site de Temploux, il n’y a qu’un pas. "Nous avons fait un investissement d’un peu moins de 10 millions d’euros pour la nouvelle piste et le nouveau hangar", soutient l’administrateur délégué. "On pourrait imaginer un deuxième hall, un troisième, un quatrième, etc. On a de la place ici. Quand on est arrivé, il y avait dix emplois indirects sur l’aérodrome. On est actuellement à presque 80. Et d’ici deux à trois ans, je souhaite qu’il y ait 200 emplois. Ce partenariat, je l’espère, nous ouvrira d’autres portes."

Développer de nouveaux services

En plus de la vente de ses appareils, Sonaca Aircraft aimerait développer d’autres activités de services comme le service après vente et une offre de leasing. Des services dans l’air du temps, fruits d’une réflexion avec les clients et une analyse minutieuse du marché. "Les écoles de pilotage n’ont pas nécessairement envie d’investir dans des avions dont le coût peut dépasser les 200.000€ HTVA", explique le directeur commercial, Pierre Van Wetter. "Nous pensons développer une formule de leasing où des investisseurs financeraient les appareils le temps de location déterminé avant de les revendre sur le marché des occasions. Cela permet aux écoles d’être constamment à la pointe de la technologie via des roulements tous les cinq six ans. A côte de cela, nous voulons développer un service après vente pour offrir à nos clients un suivi adapté. Pouvoir leur offrir les pièces qu’ils désirent directement."

 

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