APEC: B. Obama veut créer la plus grande zone de libre-échange

Le président américain Barack Obama, au sommet de l'Apec, le 13 novembre 2011 à Honolulu, à Hawaï
Le président américain Barack Obama, au sommet de l'Apec, le 13 novembre 2011 à Honolulu, à Hawaï - © Kevork Djansezian (AFP)

Barack Obama est parvenu à faire décoller son projet de création de la plus grande zone de libre-échange du monde en réunissant dimanche à Honolulu le sommet de l'Asie-Pacifique, région appelée par le président américain à sauver la croissance mondiale.

Barack Obama, natif d'Hawaï qui aime se présenter comme le premier président américain originaire du Pacifique, a obtenu dimanche le ralliement du Canada et du Mexique à ce projet de "Partenariat transpacifique" (TPP), après avoir déjà enregistré vendredi celui du Japon.

Cette zone de libre-échange, rassemblant près de 800 millions de consommateurs et près de 40% de l'économie mondiale, deviendra si elle voit le jour la plus grande union commerciale du monde, loin devant l'Union européenne qui ne produit que le quart de la richesse mondiale.

"Nous avons aujourd'hui la chance de progresser vers notre objectif ultime: une économie régionale sans entraves", a déclaré Barack Obama en recevant ses 20 partenaires du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec).

Le président américain avait annoncé samedi que neuf d'entre eux (Australie, Brunei, Chili, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Vietnam) s'étaient mis d'accord sur "les grandes lignes" du projet, qui doit aboutir selon lui l'an prochain à un premier "texte juridique".

Des experts doutent cependant de cette échéance, au vu des résistances qui se manifestent dans plusieurs pays, notamment au Japon, face à la perspective d'ouverture des frontières.

Barack Obama compte désespérément sur une accélération de l'activité mondiale afin de réduire le chômage aux Etats-Unis, à un an de la prochaine présidentielle. Il cherche à profiter de la forte croissance asiatique au moment où celle de l'Europe est en berne.

Message répété dimanche: "La région Asie-Pacifique est absolument cruciale pour la croissance économique de l'Amérique. Nous pensons que c'est une priorité absolue", a-t-il lancé.

Le FMI tape sur le même clou de la solidarité pour relancer l'économie mondiale

Comme en écho, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a déclaré aux participants que "tous les pays du monde doivent jouer leur rôle pour aider à rééquilibrer l'économie mondiale".

La Chine est la plus directement visée par ces appels, les occidentaux souhaitant qu'elle augmente la valeur de sa monnaie, afin d'accroitre ses importations. A ce sujet, Barack Obama a jugé que la Chine n'en avait toujours pas fait "assez" en dépit d'une "légère amélioration".

En recevant en tête-à-tête son homologue chinois Hu Jintao, Barack Obama a déclaré que les entrepreneurs américains étaient "énervés" envers la politique économique de Pékin mais s'est heurté à un mur à propos du yuan.

"Même si le yuan augmentait considérablement, cela ne réglerait pas les problèmes auxquels les Etats-Unis sont confrontés", lui a dit Hu Jintao, selon le ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine, a expliqué Hu Jintao, va continuer à assouplir son régime de change, mais seulement de façon progressive.

Pékin a cependant fait une concession en acceptant que l'Apec s'accorde sur une baisse des droits de douane sur les produits "verts", comme les panneaux solaires. Ces taxes à l'importation ne devront pas dépasser 5% à l'horizon 2015, mais les décisions de l'Apec ne sont pas juridiquement contraignantes.

Malgré les mesures de sécurité draconiennes déployées sur les plages d'Honolulu, un chanteur invité à se produire au dîner des chefs d'Etat est parvenu à interpréter une chanson de soutien aux manifestants anti-Wall Street. Apparemment sans que le couple Obama, accaparé par ses convives, ne s'aperçoive de rien.

AFP
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