Soldes d'hiver: "Il va y avoir des réductions colossales"

Soldes d'hiver: "Il va y avoir des réductions colossales"
Soldes d'hiver: "Il va y avoir des réductions colossales" - © Tous droits réservés

Les soldes d'hiver commencent ce jeudi 3 janvier. Pierre-Frédéric Nyst, président de l’UCM, l’organisation représentative des indépendants et PME francophones, était invité sur La Première ce mercredi.

Comment s’annonce cette période de soldes 2019 pour les commerçants ?

"Pour les consommateurs, elle s’annonce plutôt bien parce qu’il y a manifestement beaucoup de stocks, et donc les commerçants ont besoin de liquidités, il y aura de grosses réductions. Mais donc, pour les commerçants c’est une situation qui n’est pas rose. Il y a eu toute une série de manifestations dans le courant du mois de décembre, donc il y a déjà eu un ralentissement, les chiffres d’affaires sont en baisse. Les commerçants sont obligés de faire des réductions qui sont colossales"

Ce n’était pas le cas l’année dernière ?

"C’est une tendance que l’on constate quand même depuis plusieurs années, mais je pense que c’est probablement un peu plus fort cette année-ci. Il y a différents facteurs : la météo fait qu’on n’a pas nécessairement acheté des vêtements d’hiver, il y a eu les manifestations, que ce soit les manifestations des syndicats ou les mouvements des gilets jaunes, et puis il y a aussi la concurrence avec les zones frontalières, et je pense notamment aux Pays-Bas. Les soldes commencent plus tôt là-bas et c’est donc manifestement un problème. Et il y a aussi la concurrence de l’e-commerce. Je viens d’entendre qu’on parlait de l’augmentation du nombre de camionnettes à cause, entre autres, du commerce en ligne. Donc voilà, il y a toute une série de conséquences qui sont un peu difficiles, il faut pouvoir lutter à armes égales, il faut que le petit commerçant puisse lutter à armes égales avec l’e-commerce, et là il y a encore beaucoup de chemin."

Il y va de la survie des petits commerces

Par rapport à l’e-commerce, est-ce que nos PME belges sont suffisamment armées?

"Elles ne sont pas tout à fait prêtes, ça, c’est évident, et elles ne sont pas suffisamment armées. Comment voulez-vous qu’un petit commerçant indépendant puisse mettre en place autant de stratégies, autant de marketing que des grandes sociétés, des grandes multinationales ? Il y a donc un décalage, ça, c’est certain.

Nous l’avons souligné à plusieurs reprises et nous souhaitons vraiment qu’on puisse continuer à travailler véritablement avec des armes égales. C’est vraiment notre slogan, parce qu’il y va de la survie des petits commerces. Tout ce qui concerne le circuit court notamment, c’est vraiment un combat très important pour l’UCM et nous souhaitons pouvoir apporter toute notre expertise et notre soutien pour favoriser les petites structures, les petits commerçants."

Il y a plein de promotions durant toute l’année, le Black Friday, la période de présoldes où la vente conjointe est autorisée. Les petits commerçants s’y retrouvent-ils face aux grandes enseignes lors de ces périodes-là ?

"Quand on fait des sondages auprès des commerçants, on a différents résultats et ça va un peu dans tous les sens. Il y en a qui voudraient qu’on supprime cette période d’attente. Comme son nom l’indique, pendant la période d’attente, il ne peut normalement rien se passer, on ne peut pas annoncer des réductions. On constate qu’il y a un détournement et que même les petits commerçants utilisent ça aussi en faisant de la vente conjointe, qui est rentrée dans les habitudes. Je reviens avec ce que je disais tout à l’heure, lutter à armes égales, il faudrait peut-être retrouver un système pour que ce soit plus clair pour tout le monde, que les règles soient plus simples ; ça, c’est possible".

On doit avoir un véritable débat autour des soldes

Face à des journées comme le Black Friday ou la période de présoldes, est-ce que les soldes d’hiver et d’été ont finalement encore lieu d’être ?

"Selon certains commerçants que l’on interroge, ils disent que oui, on a besoin des soldes, et d’autres s’interrogent et se posent la question en effet, en se demandant si on ne devrait pas supprimer les soldes ou faire des soldes beaucoup plus généralisés, voire décaler les soldes. On aurait des soldes au mois de février ou au mois d’août pour justement lutter contre la concurrence frontalière. Il y a donc sans doute un grand débat à avoir autour de ce sujet des soldes".

Il avait été aussi question que le gouvernement raccourcisse la période des soldes...

"C’était aussi une discussion, en effet. Vous savez qu’aujourd’hui, avec la situation dans laquelle nous nous trouvons, il y a des projets qui risquent d’attendre un peu. Si celui-là n’est pas passé, il risque d’attendre et de cheminer dans tout son parcours législatif. C’est peut-être une solution, mais je pense que de façon plus générale, on doit avoir un véritable débat autour des soldes, autour des ventes conjointes, autour de l’e-commerce et de la concurrence également".

 

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