Smartphone: les chinois sont-ils tous des copieurs?

Smartphone: les chinois sont-ils tous des copieurs?
Smartphone: les chinois sont-ils tous des copieurs? - © LLUIS GENE - AFP

La Chine nous rappelle, en matière de téléphonie, ce que faisait le Japon dans les années 60 avec les montres, les radios et l’électroménager. Et ça marche. Les marques chinoises montent en puissance et, pour donner une simple illustration du phénomène, fin 2017, Samsung s’est fait piquer par Xiaomi (un important constructeur chinois), la première place qu’il détenait en Inde depuis 2011.  Et, comme chacun sait, l’Inde est un marché énorme en voie de dépasser celui de l'empire du Milieu. 

Les marques chinoises peu présentes en Belgique… en apparence

Au salon de la téléphonie (MWC) qui se tenait à Barcelone fin février, le nombre de marques de smartphones totalement inconnues était impressionnant et toutes étaient chinoises.  EL (pour Elong), Ototo, Vikin sont des noms qui ne disent rien au commun des consommateur. Et c’est normal, car tous ces constructeurs chinois sont ce qu’on appelle des OEM, des assembleurs qui construisent des smartphones pour les marques connues. Ces marques réputées choisissent leurs modèles dans des catalogues avec la possibilité d’apporter des modifications plus ou moins importantes à la configuration de base. Cela n’a rien d’inhabituel, et pas mal de smartphones vendus chez nous sont, en réalité des  produits chinois qui se cachent.

Et c’est moins cher?

En toute logique, les produits OEM sont vendus à des prix sans concurrence, avec grand écran de 6 pouces au format 18 :9 et double module caméra. Ce sont des modèles parfois puissants sur lesquels il suffit de coller le logo de la marque qui les achète. Le prix bas (dans les 150 euros pour une belle configuration) s’explique à la fois par la standardisation des produits et par des composants parfois moins puissants, avec des puces moins prestigieuse, des écrans de moindre qualité, mais pour un rapport qualité/prix qui peut être très  attrayant. Et loin des 700 à 1000  euros des galaxy S9 ou des iPhone X.

Les copieurs ne visent que rarement des parts de marché

Ces constructeurs assurent que s’ils pratiquent la copie parfois éhontée, c’est uniquement pour survivre. C’est en tout cas ce qu’a déclaré un constructeur aux journalistes du site engadget. Parce que la belle époque du smartphone est terminée. En Europe (et donc en Belgique), le smartphone ne fait plus vraiment rêver. C’est devenu un marché de remplacement. Avec un taux de croissance assez bas.

Le marché visé par les chinois n’est d’ailleurs pas la Chine où la compétition est devenue trop forte entre les géants Huawei, Xiaomi ou Meizu. Les "petits" chinois visent plutôt le sud-est asiatique et l’Europe de l’est. Et pour la plupart, ils se trouve à Shenzhen. La Silicon Valley de la Chine. Certains fabricants en série font travailler 5000 personnes. C’est là, aussi, que son construits les iPhones.

Un contre-exemple de la copie chinoise est Huawei. Un constructeur qui est devenu (en volume de ventes) n°3, voir n° 2 de la production mondiale. La marque a commencé dans le bas de gamme bon marché, mais a été le premier, en 2017 à proposer un smartphone avec processeur d’intelligence artificielle baptisé puce neuronale.

La copie: du "business as usual"

Pour l’instant, la copie est une vraie tendance. Les première copies chinoises du design de l’iPhone X sont arrivées en février et d’autres sont attendues (chez des constructeurs connus) d’ici un mois. Tous les journalistes présents à Barcelone ont pu constater que copier l’iPhone ne sait jamais fait avec autant de rapidité ni autant de cynisme. L’un d’eux a même écrit, sur le site The verge que le Mobile World Congress 2018 de Barcelone entrera dans l’histoire comme "le lieu du plus grand lancement de copies jamais vu". Et chacun devrait le  constaterez dans moins de deux mois: pas mal de nouveaux modèles auront plus qu’un petit air de ressemblance avec les smartphones vedettes de Samsung et Apple. Car au pays des smartphones , tout le monde copie tout le monde, c’est la loi du genre… Même si tout cela n’est pas très moral.

 

 

 

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