Si Doel 3 et Tihange 2 étaient en France, on ne les redémarrerait pas

En décembre, Electrabel, après une analyse très fouillée et mobilisant beaucoup d’ingénieurs, concluait qu’un redémarrage immédiat des deux réacteurs était possible et souhaitable, moyennant quelques mesures plus strictes de pression et température d’eau. Les groupes d’experts belges et internationaux étaient grosso modo d’accord, disait-on en coulisse.

La publication, très ouverte il faut le dire, des documents par l’Agence ce jeudi sur son site, montre que ce n’était pas si évident que cela. Les quatre experts belges acceptaient le redémarrage sous réserve  qu’on soit d’abord sûr qu’on avait bien repéré toutes les microfissures dans les cuves des deux réacteurs. Le groupe d’experts internationaux souhaitait, lui, une analyse chimique complémentaire, d’autres conditions pouvant être réalisées après redémarrage.

Les documents publiés montrent que les plus fortes réticences viennent des experts de l’Agence de contrôle belge, on le savait, mais aussi de l’Autorité de sûreté nucléaire française. Elle publie sur son site un courrier qui soutient entièrement les réserves et exigences des experts de l’agence belge. Et il contient aussi quelques passages particulièrement vigoureux qui semblent même aller plus loin. Les informations et analyses disponibles, disent les Français, ne permettraient en tout cas pas le redémarrage des réacteurs en France. C’est surtout le nombre de microfissures, leur densité, leur proximité donc et la possibilité qu’elles interagissent entre elles qui interpellent les Français. C’est exactement ce qu’avait dit l’ancien directeur de l’agence belge, Willy De Roovere, lors de ses premières déclarations en août 2012.

Marc Molitor

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