Sexisme: les femmes PDG sont plus efficaces, mais sont plus facilement licenciées

Les femmes PDG de grandes sociétés américaines sont-elles devenues la cible privilégiée des financiers les plus agressifs qui dirigent des fonds dits "activistes"? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que, au début du mois, deux grandes patronnes américaines ont été limogées.

La première est Irene Rosenfeld. Elle dirigeait depuis 10 ans le groupe agroalimentaire américain Mondelez, propriétaire notamment de Côte d’Or. Quant à Sheri McCoy, elle était PDG du fabricant de cosmétiques Avon Products depuis 5 ans. Toutes les deux ont manifestement été poussées vers la porte de sortie sous la pression de ces fameux investisseurs activistes.

Difficile, bien sûr, à partir de deux exemples, de généraliser une situation. Et d'en déduire que les femmes PDG seraient plus souvent victimes d’investisseurs activistes que les PDG hommes. Mais dans le même temps, Sheri McCoy et Irene Rosenfeld ne sont pas les premières victimes de ces fonds. Il y a eu plusieurs autres cas précédemment.

Une étude de l’université d’Arizona en 2016 montre que dans des contextes d’entreprises similaires, les investisseurs activistes attaquent les femmes PDG américaines plus violemment que les hommes installés à des postes identiques.

Sanctionnées au moindre faux pas

Cette étude suggère qu’au-delà de l’attitude de certains investisseurs activistes agressifs, les femmes managers seraient globalement moins bien traitées que leurs homologues masculins. L’idée est qu’au plus haut niveau des entreprises américaines - et cela vaut sans doute aussi en Europe - les femmes sont sévèrement sanctionnées au moindre faux pas. Et les hommes beaucoup moins.

Jan Fields, l’ex-numéro 2 de McDonald’s, résume parfaitement cette situation. Quand les chiffres virent au rouge, dit-elle, les dirigeantes sont immédiatement en danger.

Quant à l’ex-patronne de Xerox, qui a perdu son travail il n’y a pas très longtemps, Ursula Burns, elle confiait ceci à CNN : "Le monde du business est toujours structurellement conçu pour les hommes. Quand je fais une conférence à l’université, on me demande toujours comment je combine travail et vie de famille. Les femmes me posent souvent cette question, les hommes jamais."

Responsable puisque du genre féminin

Et l’on comprend pourquoi, puisqu’à l’heure actuelle, sur les 500 plus grosses sociétés américaines cotées, à peine une vingtaine d’entre elles sont dirigées par des femmes. Un rapport plus grave encore, de la Fondation Rockefeller, montre que les femmes PDG ont plus de chances d’être tenues responsables par les médias américains en l’occurrence des problèmes d’une entreprise que leurs homologues masculins.

La femme promet un meilleur retour sur investissement que l’homme

La vraie question serait pourtant de demander si les entreprises dirigées par une femme font en moyenne mieux ou moins bien que celles dirigées par un homme? La réponse est fournie par une autre étude, très récente, de la banque scandinave Nordea. Elle montre que les actions des entreprises dirigées par des femmes ont affiché des retours sur investissements annuels de 25 % depuis 2009 contre 11 % sur un indice mondial aussi important que le MSCI World. Nordea a passé en revue les performances de 11 000 entreprises dans 27 pays développés.

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