Seulement un entrepreneur sur trois est une femme

Muriel Fagot dans sa boutique l'Heure bleue
Muriel Fagot dans sa boutique l'Heure bleue - © Tous droits réservés

Seulement un entrepreneur sur trois est une femme. C'est ce qui ressort d'une étude publiée aujourd'hui par l'assureur-vie NN et le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI). Parmi les femmes qui ont sauté le pas, près de 40% d'entre elles pensent à abandonner leur activité. Ce qui fait peur aux femmes, c'est l'incertitude financière.

Muriel Fagot commence sa carrière professionnelle en tant que consultante en logistique. Après un burnout, elle écoute son âme d'indépendante et fait un virage à 180 degrés. Elle saute le pas et rassemble dans une même boutique sa passion pour les bijoux et pour le thé. "L'heure bleue" existe maintenant depuis 15 ans. Au fil du temps, elle a réussi à naviguer entre les différentes difficultés liées au statut d'indépendant.

Ma pension ? Je ne préfère pas y penser !

Comme Muriel Fagot, beaucoup de femmes rêvent de se lancer dans une telle aventure. L'étude le montre, 30% des femmes belges âgées de 20 à 49 ans aimeraient devenir indépendantes. Mais, dans le même temps, beaucoup ont peur pour leur avenir financier à court et à long terme. "Ma pension ? Je préfère ne pas y penser", avoue Muriel Fagot. Dans ce domaine, la différence est très marquée entre les hommes et les femmes. "Une femme indépendante perçoit une pension de 330€ en moyenne. Pour un homme, c'est 1087€", souligne Annelore Van Herreweghe, porte-parole de l'assureur-vie NN.

Les difficultés sont aussi administratives : "Quand il s’agit d’entreprendre des démarches comme des prêts, là, ça devient tout de suite beaucoup plus compliqué. C'est simple, on est la bête noire des banquiers", analyse-t-elle.

L'étude conjointe entre l'assureur-vie NN et le SNI pointe une autre difficulté. Celle qui concerne la conciliation entre vie privée et vie professionnelle. Tout particulièrement lors de l'arrivée d'un enfant. Muriel Fagot se souvient : "Une semaine après ma césarienne, j’étais debout derrière mon comptoir parce qu’il fallait continuer à faire tourner la boutique. J’ai continué à allaiter ma fille, je mettais un petit encart sur ma porte "Maman est partie donner à manger à bébé" et je m’échappais pendant une demie-heure".

Il faut un meilleur statut social

Pour permettre à plus de femmes de devenir entrepreneure, il faudrait un meilleur statut social. Annelore Van Herreweghe, porte-parole de l'assureur-vie NN : "Il faut instaurer un climat plus favorable pour les indépendants". Et Christine Mattheeuws, présidente du SNI, de compléter : "Il faut aussi une offre plus large et plus flexible pour la garde d'enfants".  

Le Syndicat Neutre pour Indépendants plaide aussi pour la création d'une indemnité en cas de cessation d'activité, soit l'équivalent du chômage des salariés.

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