Semaine du commerce équitable : trop de labels différents ?

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temporary-20191002075557 - © THIERRY ROGE - BELGA

Ce mercredi démarre la Semaine du commerce équitable. En 2018, les produits labellisés Fairtrade ont connu une croissance de 24% sur le marché belge. Aujourd’hui, les défis restent encore nombreux car les différentes appellations foisonnent sur les produits.

Pour Samuel Poos d’Enabel, agence belge de développement qui coordonne le Centre du commerce pour le développement, le risque de perdre le consommateur est important. "C’est surtout le cas pour les jeunes. Ils associent consommation responsable avec le côté écologique, qu’ils retrouvent un peu moins que les personnes plus âgées dans les produits équitables. C’est donc un des défis du commerce équitable, c’est de mettre en avant l’aspect respect de l’environnement".

A titre d’exemple, un consommateur belge jeune aujourd’hui préfère donc plutôt consommer une pomme locale plutôt qu’une mangue équitable qui vient du Pérou. Pourtant, le secteur du commerce équitable essaye de mettre en place des mesures, comme l’explique Samuel Poos. "On travaille pour faire en sorte que la pomme consommée soit elle aussi équitable, et ce n’est pas du tout évident. Pour beaucoup de gens, les produits locaux sont d’office des produits équitables parce que ça vient des fermiers pas loin de chez eux, mais ce n’est pas forcément le cas. Quand on connaît les situations de vie et les situations économiques des agriculteurs, qui sont parfois payés 3 à 4 € de l’heure alors qu’ils devraient normalement être payés 12 € pour vivre décemment, il y a quand même un souci".

Objectif : 15 par an

Reste du coup cette question pour la mangue équitable qui vient parfois de bien loin : si elle n’est plus consommée parce que le consommateur préfère acheter une pomme, quid de cette mangue et du producteur de la mangue ? Pour Samuel Poos, il ne faut pas cesser toute consommation des produits qui viennent des pays du Sud. "D’ailleurs, pour certains produits, comme les bananes, le café et le cacao, c’est impossible. Les consommateurs ont quand même toujours le droit et l’envie de consommer ces mangues, donc quand ils les font venir, autant qu’elles soient bio et équitables".

Il considère également que les labels qui vont du bio au petit producteur, au circuit court ou au local adressent un trop grand nombre de messages aux consommateurs. "Les consommateurs voient qu’il y a beaucoup de labels et ont du mal à s’y retrouver. Il y a une donc une confusion au niveau des labels, mais lorsqu’ils décident de choisir un produit écologique bio équitable, leur principal outil est l’outil des labels".

Même s’il souffre d’un déficit d’image, le label a une carte à jouer dans ce qu’on appellerait alors la consommation responsable au sens large. "Il y a quand même des labels qui sont plus connus que d’autres : le label bio est connu et le label Fairtrade est aussi bien connu, et lui a une image très positive auprès des consommateurs", rajoute Samuel Poos.

Il reste pourtant du chemin à parcourir puisque l’objectif pour 2020 est 15 € de moyenne dépensés en produits équitables par Belge par an, un montant relativement peu important. "C’est un objectif qu’on s’est fixé en essayant de l’atteindre et pour essayer de mobiliser un maximum de Belges pour atteindre cet objectif, mais ça ne veut pas dire qu’en 2020 tout s’arrête. On pourra justement faire le constat qu’on est arrivé à 15 €, ce n’est pas encore terrible, surtout par rapport à des pays comme l’Angleterre ou la Suisse, et dans l’absolu ce n’est pas terrible du tout, et donc il y aura encore des efforts à faire et des campagnes de sensibilisation à mener".

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