Selon Test Achats, les ménages belges ont perdu en moyenne 1626 euros durant la crise du coronavirus

35 % des ménages belges disent avoir subi une perte de salaire net d’en moyenne 1571 euros.
35 % des ménages belges disent avoir subi une perte de salaire net d’en moyenne 1571 euros. - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Plus de 60% des ménages belges déclarent avoir perdu de l’argent, pour un montant moyen de 1626 euros, lors de la crise sanitaire du coronavirus. C'est ce qui ressort d'un sondage réalisé par Test Achats les 14 au 15 mai auprès d’un échantillon de 1000 Belges, âgés de 18 à 74 ans. Au total, cette perte financière représente 4,9 milliards d'euros.

Salaire, voyages, tickets pour des événements culturels...

"Ce poste se répartit de la sorte", détaille l'organisme de défense des consommateurs. D’une part: 35 % des ménages belges disent avoir subi une perte de salaire net d’en moyenne 1571 euros. "D’autre part, 25% des ménages belges n’ont pu obtenir le remboursement d’un ou plusieurs voyages (722 euros en moyenne), 21% d’un ou plusieurs événements culturels (273 euros en moyenne), 16% d’un ou plusieurs événements sportifs (173 euros en moyenne) et 8 % d’une cérémonie familiale (500 euros en moyenne)."

Pertes locatives pour 816 euros

En marge, 10% déclarent avoir subi des pertes locatives pour un montant de 816 euros en moyenne. "Hormis les pertes sur voyages, ces chiffres ont presque doublé en comparaison avec le précédent sondage datant du mois de mars. Le sondage de la Banque nationale de Belgique ne prend pas en compte ces différents aspects dans le calcul des pertes financières subies par les belges."

Les soins de santé sont également abordés par l'enquête. Pour 11 % des sondés, il devient "très difficile voire impossible" de payer les soins de santé. "Ce pourcentage s’élevait à 7% en 2019. Pour 9% des sondés il est très difficile voire impossible de payer leurs factures de gaz et d’électricité (5% en 2019), pour 9% d’honorer leur crédit hypothécaire (4% en 2019), 8% de payer le loyer (2% en 2019), 7% l’alimentation quotidienne (3% en 2019) et 6 % les factures télécom (3% en 2019)."

Soutien financier demandé

Sans revenu, impossible de s'en sortir. Du coup, les demandes d'aides augmentent. "Ceci peut expliquer que 25% des belges ont sollicité une mesure de soutien financier en raison de la crise. Parmi ceux-ci, 9% ont demandé un report d’échéance des factures de gaz et électricité, et 6 % de leur crédit hypothécaire ou de leur crédit à la consommation. Depuis le début de la crise, 27% des sondés disposant d’une épargne (soit 82% des répondants) ont dû y recourir pour faire face aux dépenses quotidiennes et 22% déclarent qu’ils vont devoir le faire. De manière générale, 31% des répondants considèrent que leur qualité de vie est basse, comparé à 24% en 2019."

L'enquête s'attarde enfin sur les conséquences de la crise en terme de perte d'emploi. "22 % d’entre eux sont temporairement inactifs et 4% ont carrément perdu leur emploi."

Quid de l'avenir? L'optimiste n'est pas au rendez-vous. "Parmi les employés, n’ayant pas perdu leur emploi, 22% estiment qu’il est probable voire très probable qu’ils le perdent dans les 12 prochains mois, 38% qu’ils soient confrontés à une diminution de leurs opportunités de carrière au sein de leur entreprise et 47% à une diminution de leurs opportunités de carrière sur le marché du travail  (ex. trouver un meilleur emploi)."

Les consommateurs ont également besoin d'être protégés

"Notre sondage démontre, s’il le fallait encore", enchaîne explique Julie Frère, porte-parole de Test Achats "que les consommateurs sont très gravement touchés par la crise actuelle. Ils ont, au même titre que les secteurs en crise, également besoin d’être protégés par des réglementations fortes. Certaines mesures ont été adoptées en ce sens, telle que l’octroi du chômage temporaire, la possibilité de demander un report de son crédit hypothécaire ou à la consommation. Mais d’autres portent atteinte à leurs droits légitimes, par exemple celles imposant l’acceptation d’un voucher en cas d’annulation d’un voyage organisé, ou se font attendre, comme des contrôles de qualité sérieux sur les masques et des prix plafonnés. Nous appelons le gouvernement à ne pas oublier ceux sur qui il compte pour relancer notre économie."

Reportage dans notre 13h:

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