Selon Comeos, l'Horeca perd 47 millions d'euros par jour

Selon Comeos, l’Horeca perd 47 millions d’euros par jour
Selon Comeos, l’Horeca perd 47 millions d’euros par jour - © Tous droits réservés

Le chiffre est énorme : 47 millions de pertes par jour dans le secteur Horeca. Les restaurants et bars ont été les premiers commerces à être obligés de fermer à cause du Coronavirus. Alors que le déconfinement a commencé à être une réalité pour les magasins, l’Horeca attend toujours le feu vert pour rouvrir. Il ne sera pas donné avant le 8 juin.

" On se dirige vers un cimetière social "

Sans mesures pour accompagner l’Horeca, " On se dirige vers un cimetière social ", explique Dominique Michel, le directeur général de Comeos, la fédération du commerce et des services. Cette fédération représente les grandes chaînes de restaurant.

En raison de la crise du coronavirus, l’industrie hôtelière subit une perte de chiffre d’affaires de 47 millions d’euros par jour. Ce chiffre a été calculé par Comeos, la fédération du commerce et des services, et rapporté par nos confrères du Standaard ce lundi. Comeos demande des mesures de soutien supplémentaires. Il s’agirait d’une réduction de la TVA à 6%, de l’exonération des cotisations à l’ONSS et d’une extension du chômage temporaire.

Les chiffres de perte présentés par Comeos valent pour l’ensemble du secteur de l’hôtellerie et de la restauration en Belgique, et pas seulement pour les grandes chaînes. " La perte de chiffre d’affaires est énorme ", déclare le directeur général de Comeos, Dominique Michel. Si les établissements de l’Horeca sont autorisés à rouvrir le 8 juin, la perte totale s’élèvera à 4 milliards d’euros, selon Comeos.

Le Conseil national de sécurité n’a pas encore pris de décision quant à une date pour la réouverture des bars et restaurants. Cette réouverture pourrait, au plus tôt, intervenir le 8 juin.

Les grandes chaînes de restaurants proposent des solutions.

Pour convaincre le Conseil National de Sécurité et pour être prêt à redémarrer les activités au plus vite, le secteur Horeca planche sur des scénarios pour adapter son offre. Les grandes chaînes de type self-service, par exemple, ont repensé leur mode de fonctionnement pour rouvrir en respectant les règles sanitaires, comme l’explique Dominique Michel, de Coméos, : " Vous rentrez, vous vous lavez les mains, vous recevez un masque gratuit, vous ne pouvez pas prendre vous-mêmes vos couverts quand c’est un self-service. Vous n’avez plus de salade dont vous pouvez vous servir, tout cela est préemballé. Cela va très loin, jusqu’à la fin du parcours où vous recevez une enveloppe pour mettre votre masque, à laisser sur votre table. Tous les détails sont bien pensés. Evidemment, le nombre de tables est fortement limité, donc il y a énormément de tables qui ne seront pas disponibles".

Autant de pistes explorées par les grandes chaînes de restauration qui seront, estime Comeos, applicables également dans les autres restaurants.

Les clients devront s’habituer à une autre vision du restaurant

Les pistes que suivra le secteur Horeca pour s’adapter aux contraintes sanitaires du Covid-19 confirment que les restaurants ne ressembleront plus à ce à quoi les clients étaient habitués. Horeca Magazine s’est inspiré des mesures déjà prises par le secteur de la restauration en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et dans d’autres pays. Il a rédigé un livre blanc, une liste de toutes les recommandations dont les responsables d’établissements Horeca devraient s’inspirer. La liste est impressionnante.

En cuisine, par exemple, la distance d’1,5 m devrait être respectée entre chaque membre du personnel. Les cuisiniers ne devraient utiliser que leurs propres ustensiles, ne pourraient travailler à plusieurs sur un même plat.

Pour les clients, l’expérience ne devrait plus rien à voir avec la période avant Coronavirus. Il devrait y avoir des lignes au sol pour aider à respecter les distances. Plus question de mettre un manteau au vestiaire, plus question d’aller au bar soi-même, plus question de serrer la main du patron, plus de tables hautes, plus de walking diners, des repas servis à table, idéalement sous cloche. Il devrait être déconseillé qu’un client tienne le menu en main. Mieux vaudrait afficher le menu au mur ou demander au client de le consulter à l’avance sur internet… Il n’y aurait plus de beurriers, ni de salières et de poivriers, d’huile et de vinaigre, de bouteilles de ketchup, de paniers à pain, d’objets de décoration… Tout ce qui a été déposé sur la table devrait être jeté dans la poubelle après le départ des clients. Autant d’exemples tirés d’une liste bien plus longue qui augure d’un véritable casse-tête pour les responsables d’établissements Horeca.

 

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