Séduit par Poutine, Philippe de Villiers exporte le Puy du Fou en Crimée

Le président russe Vladimir Poutine s'entretient avec l'eurodéputé français Philippe de Villiers en Crimée, le 14 août 2014
Le président russe Vladimir Poutine s'entretient avec l'eurodéputé français Philippe de Villiers en Crimée, le 14 août 2014 - © Alexei Nikolsky

Le parc de loisirs vendéen du Puy du Fou, dont les spectacles historiques ont acquis une renommée internationale, va désormais se décliner en Russie avec l'ouverture de deux parcs, dont l'un en Crimée annexée par Moscou, son fondateur Philippe de Villiers ne cachant pas sa fascination pour le maître du Kremlin.

Un accord prévoyant la création de deux versions inspirées du parc du Puy du Fou, l'une à Moscou et l'autre en Crimée - une péninsule d'Ukraine annexée par la Russie en mars - a été signé, a annoncé vendredi le consortium Puy Du Fou International.

"Nous ne sommes pas dans une logique polémique", a expliqué Nicolas De Villiers, président du Puy du Fou et fils de Philippe de Villiers, à une correspondante de l'AFP en Vendée. "Nous avons conscience que la situation est tendue, en particulier autour de la question de la Crimée russe. Pour autant, il nous semble qu'organiser une coopération entre la France et la Russie est un acte de paix", a-t-il poursuivi, estimant peu crédible que la France puisse sanctionner le Puy du Fou.

L'annonce a été faite au lendemain d'une rencontre à Yalta, en Crimée, entre l'ancien président du parti souverainiste Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers et le président russe Vladimir Poutine, alors que l'Union européenne et les Etats-Unis appliquent des sanctions économiques contre Moscou sur fond de crise ukrainienne.

Le parc moscovite devrait voir le jour en 2016 et celui de Crimée en 2017, a affirmé Nicolas de Villiers, qui a indiqué que l'homme d'affaires russe Constantin Malofeev devrait investir environ 360 millions d'euros dans le "Tsargrad" de Moscou et environ 60 millions dans celui de Crimée. Le Puy du Fou sera maître d'oeuvre des projets, qui créeront 50 emplois en Vendée, a-t-il précisé.

"charisme de Poutine"

Reçu pendant près d'une heure par Poutine dans le bureau du Tsar Nicolas II, au palais d'été des Tsars, le créateur de la "Cinéscénie" du Puy du Fou - une fresque brossant sept siècles d'histoire d'une famille vendéenne - n'a pas tari d'éloges sur son hôte.

"À la sortie de l'entretien, Philippe de Villiers a déclaré qu'il était très impressionné par la hauteur de vue et le charisme du président Poutine", a rapporté le consortium Puy du Fou International.

"Beaucoup d'Européens veulent sortir de l'engrenage des sanctions, à commencer par les agriculteurs. Les Européens veulent la paix, ils ont de l'admiration pour le chef d'Etat que vous êtes", a également dit à Vladimir Poutine l’ex-député et président du conseil général de Vendée, qui a abandonné ses mandats pour se consacrer au Puy du Fou.

"Cette oeuvre commune franco-russe s'inscrit dans la longue tradition de l'amitié franco-russe", a également déclaré Philippe de Villiers. Pour lui, "l'avenir de l'Europe ne s'écrit pas sur le continent américain. Il s'écrit sur le continent européen. Il n'y a pas d'avenir de l'Europe sans la Russie".

Le président russe a souligné pour sa part jeudi "qu'il regardait avec le plus grand intérêt le projet du Puy du Fou d'un parc historique sur l'histoire de la Russie", selon des propos rapportés par le consortium.

Le Quai d'Orsay n'a pas réagi vendredi à la création d'un parc type Puy du Fou en Crimée. Le président François Hollande avait déclaré en mars que "la France ne reconnaît ni les résultats du référendum tenu en Crimée le 16 mars dernier, ni le rattachement de cette région d’Ukraine à la Russie".


AFP
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