Secteur spatial: une nouvelle usine de Thales Alenia Space en Belgique

Le secteur spatial est en pleine croissance et la société Thales Alenia Space va créer une nouvelle usine en Belgique, plus précisément à Hasselt.

Il faut dire que Thales Alenia Space a toujours su anticiper les choses. Cette société a été créée à Charleroi au tout début de l’aventure spatiale, il y a plus de 50 ans déjà, et elle s’est spécialisée dans la production d’équipements électroniques embarqués à bord des satellites et des lanceurs. Il y a trois ans, elle a ouvert un site de microélectronique à Leuven et aujourd’hui elle annonce la création d’une troisième usine à Hasselt. Elle veut y assembler des panneaux photovoltaïques pour les satellites, mais pourquoi s’installer à Hasselt?

"Nous avons choisi d’implanter cette activité à Hasselt d’abord parce que nous savons que nous pouvons trouver dans la région tout un écosystème de compétences en énergie photovoltaïque qui va nous être très utile pour réussir notre défi. Et aussi, de manière plus globale, parce que nous savons que nous pouvons compter sur le soutien des autorités belges, qui continuent d’investir dans le spatial et avec qui nous travaillons en étroite collaboration. On vise, dans un premier temps, un nombre d’emplois de l’ordre d’une vingtaine de personnes dans cette nouvelle usine, qui s’ajoutent à l’ensemble des emplois que nous avons créés, plus de 250 en trois ans, sur nos différents sites en Belgique", développe Emmanuel Terrasse, le directeur de Thales Alenia Space Belgique.

Le défi, c’est de parvenir à faire en Belgique des produits aussi compétitifs, aussi performants que ceux qu’il y a sur le marché mondial

Et cette société continue d’embaucher, est-ce que ça veut dire que l’entreprise est confiante dans le développement du marché spatial? Oui, parce qu’elle vient de doubler son chiffre d’affaires en trois ans de temps et ses effectifs ont augmenté de 40%. La charge de travail ne cesse de croître parce qu’on construit de plus en plus de satellites et de lanceurs, et avec la nouvelle usine de Hasselt, Thales Alenia Space va entrer dans l’industrie 4.0 comme on dit, c’est-à-dire largement automatisée, numérisée, robotisée.

Le directeur adjoint, Patrick Bury, parle d’une étape importante. "Évidemment, c’est un succès parce qu’il faut bien se rendre compte, on va faire développer des équipements qui aujourd’hui sont achetés par les grands groupes européens, soit au Japon, soit aux États-Unis", constate-t-il.

"Donc le défi, c’est de parvenir à faire ici en Belgique des équipements, des produits aussi compétitifs, aussi performants que ceux qu’il y a sur le marché mondial. J’espère que ce sera une grande réussite dans deux ans, quand on sortira les premiers panneaux solaires. Ca fait plus d’un an, un an et demi qu’on travaille sur le sujet. En recherche-développement, évidemment, on a déjà des prototypes de panneaux solaires qu’on a faits chez nous. On ne lance pas ce genre d’investissement colossal, c’est quand même 20 millions d’euros, sans avoir au préalable vérifié la faisabilité, la compétitivité du produit".

La nouvelle usine belge devrait devenir une vitrine au sein du groupe qui est détenu aujourd’hui par le Français Thales et l’Italien Leonardo. De quoi montrer que l’industrie est encore rentable dans les pays à hauts salaires comme les nôtres, car la pression sur les prix est devenue une règle dans l’univers spatial aussi.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK