Secret bancaire: l'Autriche "tiendra bon", dit sa ministre des Finances

La ministre autrichienne des Finances Maria Fekter, le 24 mars 2013 à Bruxelles
La ministre autrichienne des Finances Maria Fekter, le 24 mars 2013 à Bruxelles - © Georges Gobet

L'Autriche "tiendra bon sur son secret bancaire", a déclaré vendredi à Dublin la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, qui a braqué les projecteurs sur le Royaume-Uni et les "nombreux paradis fiscaux" qui dépendent de Londres.

"L’Autriche tiendra bon sur son secret bancaire", a dit Maria Fekter en marge d'une réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro à Dublin.

L’Autriche est le dernier pays de l'UE à refuser de lâcher du lest sur son secret bancaire après les concessions faites mercredi par le Luxembourg sur l'échange automatique d'informations de données bancaires.

Le ministre français du Budget, Bernard Cazeneuve, a prévenu jeudi que l'Autriche risquait de se retrouver sur la liste des pays non coopératifs en matière de fiscalité si elle n'acceptait pas l'échange automatique d'informations. Pour Maria Fekter, l'échange automatique d'informations "n'est pas vraiment nécessaire" et constitue "une intrusion massive dans la vie privée", dont le respect est "un des droits fondamentaux de l'UE".

La ministre dit avoir commandé une étude "pour voir jusqu'où l'intrusion est autorisée concernant les citoyens européens dans leur ensemble, pas seulement les Autrichiens".

Par ailleurs, "le secret bancaire est inscrit dans la Constitution autrichienne, et vu que le gouvernement ne dispose pas d'une majorité pour modifier la Constitution, je ne vois pas comment il sera possible de changer cela", a-t-elle fait valoir. "Je suis sûre que cela demeurera inchangé dans la Constitution pendant encore longtemps", a-t-elle dit.

Maria Fekter a estimé qu'il fallait "assécher les vrais paradis fiscaux dans la sphère de l'UE", et annoncé qu'elle allait en parler avec le ministre britannique des Finances, George Osborne.

Le Royaume-Uni "a de nombreux paradis fiscaux sous sa juridiction directe", a-t-elle souligné, énumérant "les îles Anglo-Normandes, Gibraltar, les îles Caïman, les îles Vierges (britanniques), "qui sont les vrais points chauds du blanchiment d'argent et de l'évasion fiscale".

Le sujet de l'évasion fiscale devrait être abordé lors de la réunion des ministres des Finances des 27 (conseil "Ecofin"), vendredi après-midi ou samedi matin."Je souhaite que ce soit envisagé aujourd'hui au conseil Ecofin cet après-midi", a déclaré à son arrivée le ministre français des Finances, Pierre Moscovici.


AFP

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