Salon: l'automobile du futur sera connectée

Salon: l'automobile du futur sera connectée
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Le salon de l’auto 2013 révélera déjà la tendance, mais au cours des cinq prochaines années, nos voitures connectées seront autant d’ordinateurs sur roues. Les freins et l’accélérateur prennent de l’autonomie, et même le volant pourrait, un jour, nous échapper des mains.

Pour cela s’opérera le rapprochement entre deux univers : celui des télécoms, fortement standardisé (les Wi-Fi et GSM reposent sur des normes mondiales) et le marché automobile, très propriétaire et volontairement fragmenté.

Mais cela change. Les équipementiers automobiles fournissent des modules de boîtiers électroniques et des systèmes de navigation de plus en plus standardisés. L’enjeu de la voiture intelligente sera donc de pouvoir se différencier par marque tout en se standardisant.

D’abord le divertissement

Pour l’instant, c’est d’abord l’infodivertissement mobile qui a la cote. Toute l’installation audio embarquée peut accueillir nos appareils. Le téléphone l’utilise comme kit mains libres, et le lecteur MP3 en fait une chaîne stéréo en mode Bluetooth. Le connecteur USB est déjà commun, et le lecteur de cartes SD commence à s’imposer sur les tableaux de bord. Les radios du futur ne sont déjà plus les AM ou FM (les longues ondes ont disparu depuis longtemps), mais bien des radios internet accessibles via le Web.

Si vous optez pour la lecture d’un flux d’information (flux RSS) ou de votre messagerie, c’est à haute voix que le système de synthèse vocale vous livrera l’info.  Plus rare est le module de réception radio numérique (DAB). Et bien sûr, le son est diffusé en 5.1 avec une puissante intensité qui peut atteindre 705 w grâce à un ampli caché sous le siège.

Dans la voiture connectée de demain, l’informatique peut aussi être mise à jour. L’unité centrale logée dans la boîte à gants reçoit une carte d’extension interchangeable pour remplacer les composants devenus obsolètes et suivre l’évolution technologique durant toute la vie du véhicule.

Plusieurs constructeurs ont aussi décidé de remplacer  le chargeur USB du téléphone par une plaque d’induction qui rechargera le mobile par simple contact.

Un petit réseau Wi-Fi embarqué

La mode est déjà au hotspot Wi-Fi embarqué. Il permet à plusieurs personnes de connecter leurs MP3, PC et autres tablettes en réseau - comme à la maison-  pour ensuite surfer sur internet via une carte SIM 3G placée dans la console. Ce système permet aux passagers de connecter jusqu’à huit appareils mobiles.

La voiture a perdu les clés

Wired rapporte que Hyundai est en train de développer une étiquette NFC (Near Field Communication) qui permettra de remplacer les clés par son smartphone. Comme le font déjà quelques clés aujourd’hui, les futurs smartphones équipés d’un tag NFC (une puce ou un autocollant)  pourront verrouiller la voiture par le simple fait de la proximité de la serrure. Et c’est encore le téléphone intelligent qui, placé sur une  console fera démarrer la voiture tout en se rechargeant. L’originalité est que le système pourra gérer plusieurs smartphones. Cette technologie pourrait être disponible en 2015.

Le GPS se google-ise

La nouvelle mode consiste à superposer les photos satellite de Google Earth sur la carte de votre navigateur GPS.  Ou encore de combiner des informations sur le trafic avec la même carte de navigation. Si l’itinéraire est dégagé, il apparaît en vert; si la circulation est dense ou ralentie, il devient jaune, avant de passer au rouge. Le système utilise aussi StreetView de Google Maps pour montrer au conducteur les images panoramiques de la destination qu’il approche.  Après des constructeurs européens comme Audi (A3), les coréens Kia et Hyundai seront les prochains à intégrer Google Maps dans certains de leurs modèles, à l’occasion d’une mise à jour de leur système embarqué.  Au salon CES de La Vegas, le nouveau Kia Sorento a profité d’une application Maps mise à jour pour intégrer le guidage vocal et la découverte de l’intérieur des locaux commerciaux. Une sorte de Street View de l’intérieur.

Les voitures interconnectées

Le stade suivant consistera à connecter les véhicules entre eux. Cela pourrait se faire par une norme Wi-Fi améliorée  (802.11P) en "car to car" ou avec la 4G.  Chaque voiture pourrait alors avertir les autres d’un accident ou d’un ralentissement.  Ce sera aussi le "Coyote" de demain.

Mais l’IT sur roue vise aussi la sécurité. Un système européen devrait imposer  un système d’alarme automatique en cas d’accident sur les véhicules neufs dès 2015. En cas d’impact important (ayant entraîné le déclenchement des airbags par exemple), un centre de secours recevra  automatiquement un appel du véhicule avec sa localisation.

Aide à la conduite

Après des années de recherche, le pilote automatique commence à s’imposer dans les voitures. D’abord avec le contrôle de vitesse  ("Cruise Control") automatique : un radar maintient la voiture à la distance souhaitée du véhicule qui la précède (à partir de 30 km/h). Les freins et l’accélérateur agissent alors de manière autonome.

Lors de changements de file, d’autres capteurs indiquent si un véhicule évolue dans l’angle mort du rétroviseur ou se rapproche rapidement.

Vous changez de bande sans mettre votre clignotant ? L’"active lane assist" de Audi discerne les lignes de marquage au sol à l’aide d’une caméra vidéo située dans le rétroviseur intérieur. Le système crée alors une légère action sur la direction et y ajoute une vibration du volant si nécessaire. Pendant ce temps, une autre caméra vidéo vérifie si les panneaux routiers réels sont bien identiques à ceux signalés par le GPS.

Et lorsque l’accident survient …

Le système d’information est maintenant capable de détecter un manque de vigilance du conducteur auquel il propose de faire une pause. Si la conduite devient vraiment instable (dérapage), les ceintures  se tendent et les vitres se referment. En cas de risque de collision, le système avertit le conducteur par des signaux visuels et sonores, ainsi que par des à-coups de freinage. L’inaction du conducteur  entraînera un freinage automatique. Et si, malgré tout cela,  l’accident survient, l’éclairage intérieur et les feux de détresse s’allument tandis que l’appel d’urgence est automatiquement lancé.

Se garer? Facile

Enfin, vient l’assistance au stationnement qui mesure, à allure modérée (jusqu’à 40 km/h pour les stationnements en longueur et 20 km/h pour les stationnements en bataille) les emplacements dont la taille est de 80 cm supérieure à celle du véhicule.

Une Smart City pour accueillir la voiture intelligente

A court terme arrivera le "headup display", un tableau de bord qui s’affichera sur le pare-brise. Le principe de la réalité augmentée adapté à l’automobile. Se préparent aussi les témoins intégrés dans la portière qui préviennent la proximité d’un cycliste.

Dans une Smart City du futur, il faudra aussi pouvoir gérer les besoins en électricité des véhicules hybrides.  A Lommel existe une zone de test de 1,5 km où, sur une route, un véhicule électrique se recharge en roulant selon le principe de la charge inductive déjà utilisée par nos brosses à dents électriques. Imaginez des voitures qui roulent tout en se rechargeant. On a le droit de rêver, non ?

La voiture sans chauffeur: pas avant 5 ans

Google a déjà fait rouler sa voiture sans pilote dans la ville de San Francisco. Cette fois, c’est Toyota qui, au CES de Las Vegas a montré une berline équipée de capteurs,  de senseurs et autres caméras pour arpenter les rues sans conducteur. Du moins en principe, car par sécurité, le prototype roule accompagné.  La Lexus "autonome" circule uniquement dans les centres de recherche de la marque alors que Google a obtenu l'autorisation d'utiliser son véhicule sur les routes de trois Etats américains. Les objectifs de Google et Toyota sont pourtant différents.

Alors que le premier cherche à affiner ses logiciels de cartographie, le second veut améliorer la sécurité de ses véhicules. Audi et Ford travaillent également sur la voiture autonome du futur,  mais aucun ne s’attend à les commercialiser avant 5 à 8 ans. Sans doute au Japon dans un premier temps. En attendant, il nous faudra encore apprendre la pratique du parking en créneau. 

Jean-Claude Verset

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