Salon de l'auto de Francfort: l'électrique, c'est l'avenir... mais pas encore le présent

Un véhicule électrique comme une Tesla coûte cher. Mais les prix pourraient baisser dans les prochaines années.
Un véhicule électrique comme une Tesla coûte cher. Mais les prix pourraient baisser dans les prochaines années. - © GREG BAKER - AFP

Le dossier d’Écomatin était consacré ce jeudi au Salon de l’auto de Francfort. La grand-messe de la voiture en Europe commence aujourd'hui. Pour le secteur, c'est l’occasion aussi de prendre le pouls. Et cette année, la tête d’affiche est occupée par la voiture électrique.

Toutes les marques présentent de nouveaux modèles 0 émission. Il suffit de regarder les conférences de presse et les articles dans les médias, c’est l’année de l’électrique à Francfort cette année. C’est surtout une belle manière de faire oublier le scandale du dieselgate qui a éclaté il y a tout pile 2 ans... au salon de Francfort.

Cette année, l’électrique est présenté comme l’avenir de la voiture. Sauf qu’à y regarder de plus près, il n’y a pas que l’électrique, loin de là. Sur la centaine de nouveautés présentées au salon, on compte seulement une quinzaine d’électriques. Il s'agit le plus souvent de concepts qui ne sortiront pas avant plusieurs années. Les autres nouveautés, donc les 85 qui restent, ce sont des bonnes vieilles berlines, des 4x4, des voitures citadines.

L’électrique est malgré tout une tendance lourde. Tous les constructeurs y viennent et investissent des milliards d'euros en Recherche et Développement. Ils misent vraiment là-dessus. C’est plus qu’un prétexte marketing. L’électrique c’est une réalité. Il faut quand même être de bon compte. Mais la posture des marques est assez schizophrénique parce qu’en même temps elles doivent proposer au grand public des voitures abordables. En clair : des voitures à essence ou diesel.

Le présent, c’est la nécessité de faire tourner des usines avec essentiellement des voitures thermiques

Pour Xavier Daffe, le rédacteur en chef du magazine spécialisé Le Moniteur automobile, les marques préparent l’avenir, elles communiquent beaucoup là-dessus. Mais en attendant il faut quand même faire tourner la machine.

"Le présent, c’est la nécessité de faire tourner des usines avec essentiellement des voitures thermiques, explique-t-il. C’est encore ça qui se vend uniquement dans le grand public. C’est un discours à 2 étages. Dans l’immédiat, on continue la production de moteurs thermiques, mais en même temps il faut anticiper une conversion du monde automobile à l’électrique à moyen terme. Et d’ici là, le thermique a encore de beaux jours devant lui. Dans l’immédiat en tout cas."

Les moteurs thermiques traditionnels représentent quand même encore 99,8 % des voitures dans le monde. Le reste, donc les 0,2 %, c’est l’électrique. Il faut dire que tout le monde n'a pas les moyens d'acheter une Tesla qui coûte près de 100 000 euros. Cela dit, ces modèles vont se démocratiser dans les prochaines années. C’est précisément ce que les marques sont en train de préparer.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK