Ryanair n'exclut pas de nouvelles pertes d'emplois cette année

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a encore revu à la baisse ses prévisions pour l’année en cours. Elle ne prévoit pas de bénéfice, et n’exclut pas que certaines bases soient fermées et que des emplois soient sacrifiés, a déclaré mercredi à l'agence Belga son patron Michael O’Leary. Il estime également que le secteur souffre de la mauvaise gestion des Etats.

La situation dans l’aéronautique change pratiquement tous les jours en raison de la pandémie actuelle, relève M. O’Leary. Il est dès lors très compliqué d’anticiper l’évolution des choses. Mais la saison d’hiver sera "très difficile", c’est une certitude. "Nous pensons que l’offre d’hiver représentera environ la moitié de notre offre habituelle pour la saison, mais nous ne sommes même pas sûrs que ces sièges seront réservés."

Le patron de la compagnie n’exclut dès lors pas de nouvelles mesures. "Il y aura peut-être plus d’avions cloués au sol, plus de bases fermées et plus d’emplois supprimés", poursuit-il. Encore une fois, aucune certitude. "Si la situation empire, il y aura plus de suppressions d’emplois. Si elle s’améliore, il y en aura moins. Comme les autres compagnies, nous nous adaptons à la situation de semaine en semaine."

Ryanair a déjà annoncé plus de 3000 pertes d’emplois en Europe. Des accords ont été passés dans certains pays pour réduire les salaires. En Belgique, une procédure Renault avait été entamée en juillet, après l’annonce de Ryanair de vouloir se défaire des contrats de 44 pilotes et 40 hôtesses et stewards. Les négociations sont toujours en cours.

Les prévisions de la compagnie se sont encore assombries depuis fin juillet, date de la publication des résultats du premier trimestre. A l’époque, Ryanair espérait attirer 60 millions de passagers d’ici fin mars, mais Michael O’Leary ne tablait plus que sur 50 millions ce mercredi, soit un tiers des 149 millions de personnes transportées lors de l’exercice annuel (décalé) dernier.

"Aucune chance" de gagner de l’argent cette année

Seule certitude : il ne sera pas question de bénéfice. "Il n’y a aucune chance que nous gagnions de l’argent cette année, nous allons en perdre." Michael O’Leary espère ne plus perdre de cash lors du deuxième semestre, mais cela ne suffira pas à compenser les pertes des mois précédents. Au premier trimestre (avril-juin), Ryanair a enregistré une perte de 185 millions d’euros. Pratiquement toute sa flotte était alors clouée au sol, les vols ayant repris début juillet.

La gestion des Etats européens n’a pas aidé, estime-t-il. "Nous sommes à la merci de gouvernements qui prennent des décisions idiotes", dénonce-t-il. Premières cibles : les gouvernements irlandais, britannique et hongrois, mais le patron de Ryanair ne comprend pas plus la décision belge de placer toute l’Espagne (à l’exception de Ténérife) en rouge, alors que, selon lui, certaines régions présentent un risque de transmission assez faible. "Nous avons besoin d’une gestion cohérente dans toute l’Europe", lance-t-il. Les codes de couleur sur lesquels travaille la Commission européenne sont selon lui un pas dans la bonne direction. Il plaide également pour plus de tests et d’isolement pour les personnes positives, plutôt que des confinements pour des régions entières.

Ryanair dénonce encore les aides d’Etat octroyées à certaines compagnies aériennes, comme notamment celle accordée à Brussels Airlines par l’Etat belge. La compagnie à bas coûts plaide pour une réduction des taxes pendant la période de crise. Et s’il doit y avoir des soutiens aux compagnies, ils devraient selon O’Leary, passer par les aéroports "afin qu’ils soient répartis de manière juste entre les différentes compagnies et tous les clients."

"Nous serons plus grands et plus forts après la crise, et nous serons l’une des seules compagnies à avoir de nouveaux avions prêts à générer de la croissance une fois qu’un vaccin aura été trouvé", affirme-t-il enfin. Ryanair a en effet commandé de nombreux Boeing 737-MAX, toujours cloués au sol dans l’attente de nouveaux tests après les deux crashs. Les premières livraisons devraient avoir lieu début 2021 et les appareils devraient alors pouvoir voler pendant la saison d’été.

Archives JT du 09/07/2020 - Belgique : Ryanair compte licencier 84 personnes

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