Ryanair commande 175 Boeing pour plus de 15 milliards de dollars

Un Boeing 737 de la compagnie irlandaise Ryanair
Un Boeing 737 de la compagnie irlandaise Ryanair - © Pascal Lachenaud

Ryanair a annoncé mardi une commande géante d'avions Boeing pour 15,6 milliards de dollars (environ 12 milliards d'euros) au prix catalogue, qui doit permettre à la compagnie irlandaise low-cost d'accélérer sa croissance et de baisser encore ses coûts.

Cette commande intervient au lendemain de la signature par Airbus, rival européen de Boeing, du plus gros contrat de l'histoire aéronautique, portant sur 230 appareils A320 commandés par la compagnie indonésienne Lion Air pour 18,4 milliards d'euros.

Cette commande "énorme pour Boeing et pour Ryanair", selon Ray Conner, directeur de la branche d'aviation civile de Boeing, a représenté une occasion bienvenue pour le constructeur aéronautique américain de parler d'autre chose que des problèmes de batteries de son long courrier 787, interdit de vol dans le monde depuis la mi-janvier.

Ryanair et Boeing étaient en discussions depuis des années sur cette commande, qui avaient achoppé en 2009. Les appareils seront livrés entre 2014 et 2018.

Le patron de Ryanair, Michael O'Leary, et M. Conner n'ont pas dévoilé le montant réel de la commande mais pour Richard Aboulafia, expert du cabinet spécialisé Teal Group, la compagnie irlandaise a probablement bénéficié d'une ristourne de "plus de 50%".

M. O'Leary a également bénéficié dans les négociations de la perspective d'une autre grosse commande en projet, sur le 737 MAX cette fois-ci, dernière version en date du moyen-courrier best-seller de Boeing, qui entrera en service en 2017. Ryanair espère annoncer d'ici la fin de l'année une commande "d'au moins cent" 737 MAX, a-t-il affirmé.

Pour Richard Aboulafia, les deux méga-commandes annoncées à deux jours d'intervalle par Airbus et Boeing témoignent du choix stratégique de faire fonctionner à plein les lignes de production et faire baisser les coûts fixes, quitte à octroyer de très gros rabais, plutôt que de ralentir la production pour préserver les marges.

Le président américain Barack Obama, qui recevait le Premier ministre irlandais Enda Kenny mardi, s'est félicité de la commande: "c'est un exemple de la façon dont les progrès effectués en Irlande sont bénéfiques à l'emploi et aux entreprises ici aux Etats-Unis", a-t-il affirmé.

La flotte de la compagnie irlandaise, qui dispose du plus grand nombre de Boeing en Europe, est uniquement composée de 737-800, un monocouloir qui peut transporter jusqu'à 189 passagers. Ce modèle unique lui permet de minimiser ses coûts de maintenance et formation des pilotes.

Parmi les nouveaux avions commandés, environ 75 serviront à remplacer des appareils vieillissants au sein de sa flotte actuelle de 305 avions.

Les 100 autres feront croître la flotte de Ryanair à plus de 400 avions, permettant à la compagnie d'enregistrer une croissance de son trafic de 5% par an et de transporter plus de 100 millions de passagers par an en 2019 contre 79,6 millions en 2012.

Cette commande géante va générer plus de 3.000 nouveaux emplois au sein de la compagnie, où travaillent actuellement environ 8.500 personnes et va permettre à Ryanair de "baisser encore (ses) coûts et le prix de (ses) billets", a noté Michael O'Leary.

Les 175 avions vont aussi fournir au transporteur low-cost "la capacité additionnelle pour exploiter les opportunités substantielles de croissance actuelles, alors que de nombreuses compagnies" européennes nationales ou régionales "sont en train de restructurer ou de réduire leurs activités court-courrier", a-t-il ajouté.

Ryanair a répété qu'il allait faire appel du veto de Bruxelles au rachat de sa compatriote Aer Lingus.

"Nous sommes la seule fusion de compagnies européennes interdite en 40 ans", a-t-il protesté, critiquant comme à son accoutumée les "bureaucrates de Bruxelles" qui "aiment réunir des compagnies européennes nationales inefficaces pour en faire des compagnies encore plus inefficaces".


AFP
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK