Russie convalescente, Chine en transition... derrière le terme BRICS, des réalités très différentes

Russie convalescente, Chine en transition...: derrière le terme BRICS, des réalités très différentes
Russie convalescente, Chine en transition...: derrière le terme BRICS, des réalités très différentes - © ED JONES / POOL - BELGAIMAGE

Les pays des BRICS sont réunis actuellement en Chine pour leur neuvième sommet annuel. Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud sont cinq puissances économiques émergentes, mais c’est à peu près le seul point commun entre ces pays très différents par la taille ou encore par les revenus.

La Chine assure à elle seule 15% des exportations dans le monde

Ce terme BRICS est un peu artificiel: il masque le poids écrasant de la superpuissance économique chinoise. Pourquoi ce terme alors? Le directeur du CEPII (Centre français d’études et de recherche en économie internationale) Sébastien Jean explique: "Ce qui a donné un sens depuis le départ à ce terme collectif pour les BRICS, c’était la notion que dans l’économie mondiale, on était sorti de la situation où les pays riches de l’OCDE étaient absolument dominants et représentaient plus de 80 % de la richesse, plus de 80 % des exportations et où le reste était relativement secondaire".

Depuis, les choses ont beaucoup changé. La Chine assure à elle seule 15 % environ des exportations dans le monde, loin devant les États-Unis et l’Allemagne. 

Des réalités bien différentes

La santé économique de ces 5 pays est très hétérogène. Le Brésil, par exemple, sort à peine de deux ans de profonde récession. La croissance économique chinoise ralentit, mais ce ralentissement est maîtrisé et le pays est en pleine transition vers une économie plus tournée vers l’intérieur, la consommation et les services. De son côté, l’Inde est confrontée à un ralentissement marqué et un peu inattendu. 

Un ralentissement expliqué par une décision politique, selon Sébastien Jean. "Si la croissance indienne n’est pas aussi bonne qu’on l’espérait ou qu’on l’attendait cette année, c’est essentiellement parce qu’il y a eu ce choc de démonétisation imposée par le Premier ministre, Narendra Modi", analyse le directeur du CEPII. "Il a démonétisé les plus grosses coupures en circulation dans l’économie indienne, qui représentaient plus de 85 % de la valeur des billets en circulation, pour essayer de lutter contre l’économie informelle".

Quant à la Russie elle est plutôt dans une phase de convalescence après une crise économique grave liée à la chute du pétrole et aux sanctions économiques après l’annexion de la Crimée.

Le mouvement de rattrapage vis-à-vis des pays les plus développés devrait néanmoins se poursuivre. Sans doute pas de façon linéaire, mais la tendance est bien là.

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