Risque de blackout: un business se développe à partir de l'électricité que des entreprises acceptent de ne pas utiliser

Et s’il y avait moyen de réduire un peu plus le risque de pénurie d’électricité cet hiver et d’éloigner le spectre du blackout ? Certaines entreprises y croient et font actuellement offre de service. Ces sociétés sont des "agrégateurs", c'est-à-dire elles sont spécialisées dans la gestion de la demande en électricité. Leurs clients sont des entreprises qui tentent de gérer au mieux leurs besoins en électricité et qui, le cas échéant, sont prêtes à couper leur production pour décharger le réseau électrique. 

"Depuis plusieurs mois, on travaille avec nos clients et avec le réseau électrique pour prévenir le risque de blackout en mettant à disposition de la puissance. Il y a des gens, nos clients, qui sont là et attendent de pouvoir participer à la diminution de la pointe de charge", explique Arnaud Latiers de chez Actility, l’un de ces agrégateurs.

De quoi soulager le réseau en cas de pic de consommation

Les clients d’Actility sont des entreprises qui ont compris qu’il leur était possible d’arrêter leur production à certains moments, plus particulièrement lorsqu’il y a des pics importants de consommation sur le réseau électrique belge. Ces entreprises ont, par exemple, des frigos, des pompes à eau ou des fours qui peuvent ne pas tourner pendant quelques heures. L’électricité que ces installations ne consomment pas à ce moment-là est donc disponible pour le reste du marché, ce qui permet de soulager en partie le réseau.

Ces entreprises intéressées par ces arrêts de production volontaires s’y sont préparées pendant plusieurs mois. "On va essayer d’évaluer l’impact que ces actions individuelles ont sur leur façon de fonctionner et sur leurs besoins. Il y a des gens qui vont devoir fournir, par exemple, de l’eau potable à leurs clients. Il faut s’assurer que lorsqu’on réduit la consommation d’électricité, le besoin final du partenaire soit rempli. Et donc, que l’eau soit pompée soit avant, soit après cette heure de pointe", explique Arnaud Latiers.  "On travaille avec ces entreprises à des stratégies à mettre en place pour minimiser l’impact chez eux et maximiser le gain pour la société en général. Pour cela, ils vont aussi être compensés financièrement ".

Moins coûteux qu’une centrale électrique en stand-by

Car pour ces entreprises, arrêter la production et la relancer plus tard a un coût: "Il y a un objectif à court terme. Financièrement, il faut que le jeu en vaille la chandelle. Ce sont des outils qui produisent et qui doivent avoir une plus-value économique. Donc, on va compenser les pertes de production de l’outil", précise Arnaud Latiers.

Logiquement, l’électricité que ces entreprises n’utilisent pas au moment des pics de consommation sur le réseau belge est disponible pour d’autres clients qui, puisqu’on est en période de forte demande, la paieront un peu plus cher. De quoi dédommager les entreprises qui ont arrêté temporairement leurs installations de production. Une opération où tout le monde ressort gagnant, selon Actility : "Cela coûte moins cher de récupérer de la puissance chez un industriel que de laisser tourner une centrale électrique à vide pour qu’elle soit prête à produire en cas de besoin", explique Arnaud Latiers.

Selon Arnaud Latiers, les entreprises qui s’inscrivent dans cette démarche veulent avant tout préparer l’avenir et la transition énergétique : "Ils vont réfléchir à leur consommation, réfléchir à demain, mettre en place des outils pour consommer mieux, au meilleur moment. C’est une étape vers une transition à long terme".

L’électricité des clients Actility est disponible pour la réserve stratégique que le gouvernement pourrait constituer en vue de l’hiver.  Mais jusqu’à présent, le gouvernement ne prévoit pas de réserve stratégique pour l’hiver 2018-2019 et choisit donc de se passer des " efforts " des entreprises prêtes à réduire ou différer leur consommation.

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