"Revenu moyen en hausse" ne veut pas dire "les Belges sont plus riches"

Mais derrière ce chiffre se cachent de nombreuses disparités.

Tout d’abord, qu’entend-on par "revenu"? Il s’agit bien de l’ensemble des revenus repris dans la déclaration d’impôts. Cela comprend donc le salaire, les allocations diverses, les revenus de placements éventuels (actions, obligations,…), d’éventuels revenus locatifs…

Sur base de ces chiffres, le SPF économie "globalise" toutes les déclarations fiscales puis le total des revenus déclarés ainsi obtenu est divisé par le nombre de Belges. Tous les Belges, dès la naissance, soit 11,2 millions d'individus.

On obtient avec ce calcul rudimentaire le revenu net par mois de 1387 euros. Un chiffre qui peut paraître élevé mais attention, il s’agit d’une moyenne et non d’un revenu médian (lissé). La moyenne est en effet poussée à la hausse par les très hauts revenus.

Disparité des revenus et pouvoir d'achat

Or, si l’on enlève les revenus les plus élevés et les moins élevés (les valeurs dites ‘aberrantes’ en termes mathématiques et qui biaisent la moyenne), les chiffres seraient beaucoup moins élevés, ce qui offrirait une vision plus réaliste de la réalité des revenus des Belges.

Car beaucoup de personnes ne se retrouvent pas dans la moyenne, il y en a énormément qui se situent plus bas voire nettement plus bas. Et seulement quelques-uns qui se situent beaucoup, beaucoup, plus haut mais qui, étant donné le niveau extrêmement élevé de leurs revenus, ont un impact très important (vers le haut) sur la moyenne.

D'ailleurs pour beaucoup d'entre vous nous ont signalé via les réseaux sociaux leur sentiment que leur pouvoir d'achat a diminué. Dans un contexte économique morose, ce sentiment peut en effet être exacerbé (même s'il ne correspond pas toujours à une réalité).

Pour une bonne partie des Belges, il y a un statu quo, voire une légère hausse, notamment grâce au fait que les salaires soient indexés (un effet que le saut d’index va évidemment annuler. En cas d'inflation conséquente, il y aura là une réelle perte de pouvoir d'achat pour le citoyen lambda).

Par contre pour les familles à bas revenus, certaines dépenses de base (alimentations, énergies, carburants, etc.) pèsent très lourd dans les budgets, donc ces familles ressentent plus durement la crise. Autre exemple: ceux qui parmi les classes moyennes arrondissaient leurs revenus avec une épargne ont vu aujourd’hui, avec les taux au plancher, ces revenus diminuer voire disparaître.

Au niveau de la disparité des revenus, si les écarts augmentent, rappelons qu’en Belgique, le système social, malgré des menaces de détricotage, reste efficace. Il marche avec une redistribution des revenus et une protection des plus faibles. Alors oui les écarts ont grandi mais avec un relatif contrôle alors que dans d’autres pays cet écart a explosé.

Michel Visart avec @julienvlass

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