Réunie en Espagne, la BCE laisse son taux directeur inchangé à 1%

Mario Draghi, président de la BCE, en discussion avec the le Gouverneur de la banque centrale de France, Christian Noyer (à gauche) et Peter Praet, membre du conseil d'administration de la BCE
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Mario Draghi, président de la BCE, en discussion avec the le Gouverneur de la banque centrale de France, Christian Noyer (à gauche) et Peter Praet, membre du conseil d'administration de la BCE - © EFE

La Banque centrale européenne, qui a réuni jeudi son conseil des gouverneurs à Barcelone, a laissé sans surprise son principal taux directeur inchangé à 1%, son plus bas historique retrouvé en décembre.

Le président de l'institution monétaire de Francfort Mario Draghi devrait en outre éviter de faire la moindre annonce concernant son arsenal anti-crise, malgré le regain de morosité en zone euro, lors de la conférence de presse à l'issue de la réunion à 12H30 GMT au Centre de congrès international de Barcelone (CCIB).

"Avril a apporté des nouvelles économiques décevantes", résume Marco Valli, chef économiste zone euro chez UniCredit.

L'activité dans l'industrie manufacturière s'est ainsi fortement contractée dans la région, retombant à son plus bas niveau en près de trois ans, selon des chiffres publiés mercredi par la société Markit, guère encourageants et qui confortent les analystes dans leur prédiction d'un nouveau trimestre de récession.

Le chômage atteint par ailleurs des sommets dans certains pays, notamment en Espagne (24,4%), qui est aussi dans la ligne de mire des marchés obligataires, la crise de la dette refaisant surface après avoir été quelque peu oubliée en début d'année.

Jeudi, deux émissions obligataires de Madrid, à trois et cinq ans, les premières depuis la dégradation de deux crans de sa note souveraine par Standard & Poor's, se sont soldées par des taux en hausse, avec cependant une demande forte des investisseurs.

"Garder toutes les options ouvertes"

En dépit du cumul des mauvaises nouvelles, la BCE "va résister aux pressions l'appelant à adopter des mesures plus audacieuses", juge Jennifer McKeown, de Capital Economics.

L'institution monétaire de Francfort estime en avoir fait assez pour le moment: elle accorde des montants illimités de liquidités bon marché aux banques, destinés à éviter un effondrement du crédit. Elle a adopté un programme de rachat d'obligations publiques sur le marché secondaire qui a soulagé les pays confrontés à l'envol de leurs taux d'emprunt mais est resté en sommeil depuis février.

Toutefois, M. Draghi devrait "garder toutes les options ouvertes" pour les mois à venir, notent les analystes de Commerzbank, Christoph Rieger et Marcel Bross, et notamment l'éventualité d'un nouveau prêt sur trois ans aux banques après les deux accordés en décembre et janvier.

"Le réalisme a supplanté l'espoir"

Alors que depuis le début de l'année, il se montre plutôt confiant dans une "reprise graduelle" de l'économie, il va aussi être contraint d'afficher une certaine prudence dans son analyse de la situation, estime Annalisa Piazza, du courtier Newedge, qui s'attend à ce que l'institution monétaire de Francfort révise une nouvelle fois ses prévisions de croissance à la baisse en juin.

"Le réalisme a supplanté l'espoir", renchérit son confrère d'ING Carsten Brzeski.

La croissance devrait être un autre des thèmes majeurs de la conférence de presse.

Le candidat socialiste à la présidentielle française François Hollande, favori des sondages, en a fait un de ses principaux thèmes de campagne, s'attirant le soutien de certains responsables politiques européens, dont celui pour le moins inattendu des Pays-Bas, appui sans faille jusqu'ici de Berlin dans la défense de l'orthodoxie budgétaire.

M. Draghi en a pris acte la semaine dernière, évoquant devant le Parlement européen la nécessité d'un "pacte de croissance" à côté du "pacte budgétaire". Mais selon le patron d'une institution qui défend la rigueur, cela passe toujours par des mesures structurelles et non la relance des dépenses réclamée ici ou là.

 

Mario Draghi précise sa pensée

Les dernières statistiques économiques disponibles montrent que "l'incertitude prédomine" pour l'économie en zone euro, qui s'était "stabilisée" bien qu'à un "niveau bas" au premier trimestre, a déclaré le président de la Banque centrale européenne (BCE) lors d'une conférence de presse ce jeudi.

"Les derniers indicateurs disponibles pour la zone euro soulignent que l'incertitude prédomine", a déclaré Mario Draghi, précisant que cela serait pris en compte dans les prochaines prévisions de la BCE en juin. "En regardant plus loin, l'activité économique devrait peu à peu se reprendre au cours de l'année", a-t-il ajouté lors de sa conférence de presse mensuelle, tenue jeudi à Barcelone.

AFP

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