Restructuration de Belfius: pas d'action syndicale dans l'immédiat

Belfius prévoit le départ de 920 équivalents temps plein
Belfius prévoit le départ de 920 équivalents temps plein - © Belga

Le syndicat socialiste SETCa a informé vendredi le personnel à propos du plan de la direction de Belfius qui comporte un important volet d'économies et qui entraînera une diminution nette de 70 équivalents temps plein. Le SETCa n'envisage cependant pas d'action dans l'immédiat.

Selon le SETCa, aucune action de grève n'est envisagée dans l'immédiat, a indiqué Jean-Michel Cappoen, secrétaire général. "Beaucoup de personnes sont en congé lundi, en raison de la récupération du 11 novembre et des actions sont prévues le 14 novembre, dans le cadre de la journée d'action européenne", précise le syndicaliste. "De plus, avant d'envisager des actions, il faut adopter une position", ajoute Jean-Michel Cappoen. Des contacts en vue de réunions syndicales avec la direction ne seront pas noués avant mercredi prochain, précise-t-il.

En attendant, Etienne Riche, délégué du SETCA dit ne pas apprécier la méthode : "D’une part, on vient discuter d’économie, on veut même bien discuter d’éventuelles diminutions de fonctions dans certains services très limités où effectivement il y aurait des diminutions de charge de travail. Mais ici, c’est un plan global qui est relativement important. Il y a un sentiment d’insécurité depuis 10 ans pour la plupart des collègues. Donc depuis 10 ans, on est en phase de restructuration perpétuelle. Depuis 10 ans, chaque entité a déjà été rationalisée une fois, deux fois, trois fois. Aujourd’hui, oui, le personnel est fâché, bien entendu, puisque tous les efforts consentis jusque maintenant n’ont servi à rien et qu’on accentue encore le mouvement d’efforts du personnel et que, cette fois, en plus, l’effort sera également porté par le personnel restant, tant au niveau des salaires que des avantages extralégaux, etc."

La ministre de l'emploi sera attentive au respect de la pyramide des âges

La ministre fédérale de l'Emploi, Monica De Coninck (sp.a), étudiera de près le plan de restructuration annoncée par Belfius pour voir s'il respecte la pyramide des âges fixée par la loi. Interrogée sur la VRT vendredi, Monica De Coninck est restée prudente, en précisant qu'elle n'avait pas encore pris connaissance du plan de restructuration.

A ce stade, elle ne sait donc pas encore si Belfius veut faire usage de prépensions à savoir le système par lequel les travailleurs d'un certain âge qui sont licenciés ont droit aux allocations de chômage et à une indemnité complémentaire à charge de leur ex-employeur. S'il devait en être ainsi, la ministre met la banque en garde. Elle rappelle qu'en tant que ministre de l'emploi elle peut refuser le recours à la prépension si elle devait constater que la banque ne respecte pas la pyramide des âges établie par la loi en licenciant un nombre trop élevé de membres du personnel de plus de 50 ans.

Le fait que la banque veut remplacer ses travailleurs plus âgés par des jeunes lui semble en tout cas en contradiction avec un des objectifs du gouvernement à savoir maintenir à l'emploi les travailleurs de plus de 50 ans.

Monica De Coninck a donc l'intention d'examiner le plan de restructuration de façon "très consciencieuse".

Alexander De Croo "a un problème" avec le plan de restructuration

Le ministre des Pensions, Alexander De Croo (Open Vld), "a un problème" avec le plan de restructure de Belfius qui veut se débarrasser de travailleurs plus âgés pour les remplacer par des jeunes.

"Tout le monde doit faire des efforts pour maintenir les gens plus longtemps au travail. J'ai donc un problème avec l'annonce de Belfius", a-t-il expliqué vendredi. Alexandre De Croo a ajouté que les banques ont déjà reçu beaucoup de la société. On peut maintenant attendre d'elles qu'elles fassent quelque chose en retour, a-t-il conclu.

Chronique d'un choc annoncé

La restructuration avait été annoncée mais cela reste un choc pour tous les employés de la banque Belfius. Le plan de restructuration prévoit le départ de 920 équivalents temps plein. Avec une promesse: celle d'engager 250 jeunes à l'avenir. Comme la banque en est-elle arrivée là ? Il faut dire ceci dit que c'est la chronique d'un choc annoncé: Freddy Bouckaert, le président de Belfius, répète depuis qu'il a repris les rênes de la banque qu'un plan de restructuration est inévitable. Pourquoi ?

Il y a deux raisons essentielles. Belfius, c'est en fait une banque moyenne qui a hérité du costume de sa soeur, deux fois plus grande. Elle a moins d'activité que l'ex-banque Dexia. Elle est donc surdimensionnée, il faut donc retailler son costume.

Elle est donc plus petite mais n'est également pas assez rentable selon la moyenne européenne: il faut donc faire des économies. En passant, on notera que la rentabilité c'est toujours l'actionnaire qui l'exige. Et l'actionnaire de Belfius à 100%, c'est l'État.

Belfius confrontée à des problèmes ?

Deuxième question: Belfius est-elle confrontée à des problèmes ? Cette banque a été reprise en mains il y a un an. Et clairement, les nouveaux patrons mettent de l'ordre à tous les niveaux. Il y a une rumeur d'augmentation de capital qui circule. Cela dit, apparemment, il n'y en aurait pas besoin. Il reste encore une créance importante sur le groupe Dexia, mais elle est garantie par l'État.

Alors, en résumé, il n'y a pas de stress particulier. Et Belfius peut continuer sur la voie du redressement.

Avec Michel Visart et Belga

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