Rénovation: les professionels désapprouvent la modification de la TVA

Le secteur du bâtiment contre la modification de TVA en rénovations
Le secteur du bâtiment contre la modification de TVA en rénovations - © RTBF

Si vous avez des projets de rénovation, préparez-vous à peut-être payer plus cher. A l'heure actuelle, dans un bâtiment de plus de 5 ans, la TVA sur les travaux de rénovation est de 6%. Selon l'accord gouvernemental, la TVA de 6% ne sera plus appliquée qu'aux bâtiments de plus de 10 ans.

Chez Marie de Nicole, cette cuisiniste de la région liégeoise, ce ne sont pas moins de 50 cuisines qui sont conçues chaque année, et, actuellement, les 3/4 des propriétaires bénéficient d'un taux de TVA de 6%, car ils explosent souvent leur budget lors de la construction. Ils doivent donc attendre quelques années pour s'équiper d'une belle cuisine.

Cette cuisiniste déclare : "Passer de cinq ans à dix ans, cela ne lui semble pas bon pour ses clients". Elle pense donc que ses clients se tourneront alors directement vers des modèles beaucoup moins chers, car 15% de plus sur une partie du budget cuisine, cela peut faire une grosse différence.

Marie de Nicole poursuit: "Tout ce qui est électro c’est toujours 21% ; le mobilier c’est 6% ; tout ce qui est accessoires c’est négociable, mais franchement c’est le prix d’une voiture et votre budget TVA peut monter à 3 ou 4000 euros."

Travail au noir

Même constat chez un peintre en bâtiment : la peinture est le dernier poste qu'on effectue dans une habitation neuve. Attendre 5 ans pour effectuer les dernières finitions, c'est ce que faisaient beaucoup de ces clients qui ont fait construire.

Selon Yves Deffet, "le client attend que la maison fasse sa 'maladie', que les petites fissures se soient marquées, que les entrepreneurs aient fait leurs petites finitions et le peintre passe en dernier lieu. Rester cinq ans avec une couche de propreté sur les murs c’est acceptable. Au-delà, il faudra trouver d’autres solutions."

Et ces autres solutions risquent bien souvent d'être soit de peindre soi-même ou de faire appel à du travail au noir qui sera, du coup, encore plus intéressant, estime Yves Deffet : "Les clients vont peut-être prendre des gens qui vont venir le samedi, le dimanche. Ils vont venir travailler en noir, travailler moins cher. Ce n’est pas très bon pour notre profession."

Le travail au noir qui risque donc de reprendre une partie des rentrées que la hausse TVA devrait amener dans les caisses de l'Etat.

Benjamin Carlier

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