Remplacement des F-16: l'industrie wallonne en faveur d'un projet européen

Pierre Sonveaux vient de céder sa place à Jacques Smal, à la tête de Skywin, le pôle de compétitivité aéronautique et aérospatial wallon. Selon Jacques Smal, dans le dossier du remplacement des F-16, le gouvernement fédéral a plutôt agi jusqu’ici comme un consommateur que comme un État qui dispose d’une industrie aéronautique : "Les appels d’offres qui ont été lancés ont vraiment fermé les possibles réponses des pays et des industriels qui offraient un produit dans ce cadre légal extrêmement étriqué. Ce n’est donc pas un domaine qui permet vraiment de s’épanouir et de faire se développer une industrie, des centres de recherche et des universités sur de nouvelles opportunités technologiques".

Il est clairement en faveur d’un projet européen, quel qu’il soit d’ailleurs. Ce n'est d'ailleurs pas forcément Dassault, dit-il : "Ça peut être tout à fait autre chose. Je crois que c’est une vraie opportunité, on ne peut en tout cas pas passer à côté. Il peut y avoir des dispositions sur le court terme qui aident le gouvernement belge à assurer ses responsabilités en termes de défense, mais à terme, on ne peut pas échapper à entrer dans ce projet européen".

Potentiel scientifique

Les défis du pôle Skywin pour les années à venir "c'est la technologie, avoir des idées, de l’innovation et les mettre en œuvre. Nous n’avons aucun espoir de progresser simplement sur de la fabrication, il faut vraiment qu’on ait nos produits à nous, et dans notre monde complexe, il y a toute sorte de possibilités". Les entreprises wallonnes actives dans l’aéronautique ou dans l’aérospatial "ne peuvent être présentes que si elles ont leurs propres produits et qu’elles les maîtrisent. C’est à ce moment-là qu’elles peuvent avoir un équilibre économique. Mais rien que produire, il y en a d’autres sur la planète qui sont bien meilleurs que nous, et qui sont moins chers, surtout", poursuit-il.

Il faut renforcer les liens, notamment en ce qui concerne la recherche, avec les universités : "C’est un des atouts. Comme on a un potentiel scientifique impressionnant, qui lui n’est pas grevé d’une tare sur le plan des coûts, parce qu’un ingénieur en Belgique ou un ingénieur aux États-Unis, c’est grosso modo la même chose, il y a vraiment un potentiel énorme là-bas et c’est ce qu’on doit développer, absolument".

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