Le syndicat socialiste part en campagne contre la réforme des pensions

Le syndicat socialiste, FGTB et CGSP, a entamé vendredi en fin de matinée sur la place Rouppe au cœur de Bruxelles sa campagne d'information sur la réforme des pensions. Quelques centaines de militants, entre 500 et 600 selon les organisateurs, se sont rassemblés pour écouter les arguments des pontes du syndicat. Les séances d'information de la CGSP se multiplieront pendant les vacances, afin que le mouvement soit prêt, si nécessaire, à mener d'autres types d'actions à la rentrée parlementaire.

Dans les grandes lignes, la FGTB estime que la réforme des pensions menée par le ministre Bacquelaine revient à "faire des pensions un outil d'ajustement budgétaire", a indiqué le secrétaire général de l'organisation Robert Vertenueil lors d'une conférence de presse précédant le rassemblement.

Surréalisme à la belge

Les syndicats dénoncent les mesures déjà prises: l'augmentation de l'âge de la retraite, le durcissement des conditions en vue d'un départ anticipé ou encore les mesures spécifiques aux services publics comme la suppression de la prise en compte des années d'étude.

Le système de la pension à points envisagé est le dernier coup en date, une idée digne "du surréalisme à la belge", selon le secrétaire général. D'après l'administration, un tel système coûterait 38 millions d'euros à l'État, "un montant qui pourrait être utilisé pour financer la pénibilité du travail", souligne le syndicat. De plus, "il rendra les pensions totalement incertaines", car, dénonce encore la FGTB, la valeur des points accumulés ne sera définie qu'au dernier moment - soit en fin de carrière - en fonction de certains critères comme "la situation économique de l'État à ce moment-là, la démographie..."

"Nos pensions sont payables", martèle le président de la FGTB, Rudy De Leeuw. "Elles sont parmi les moins élevées d'Europe." "La pension légale moyenne d'un travailleur en Belgique s'élève à 950 euros pour un homme et à 710 euros pour une femme", tandis que le seuil de pauvreté est fixé à 1.115 euros net par mois. Outre le risque que cela représente pour les pensionnés, le syndicat insiste sur le fait que les dépenses moyennes en la matière sont inférieures chez nous par rapport aux pays voisins. A titre de comparaison, alors qu'un pensionné "coûte" 2.400 euros par habitant chez nous, le montant s'élève à 2.618 euros en Allemagne, 3.408 euros en France et 3.157 euros aux Pays-Bas. Présenté autrement, les dépenses pour les pensions dans le plat pays représentent à peine 40,1% des dépenses sociales. Seules l'Allemagne (39,1%) et l'Irlande (29,8%) font moins bien parmi les États membres.

Payabilité' des pensions

Pour le syndicat, "tout ce foin" du gouvernement "autour de la 'payabilité' des pensions (...) est une manœuvre politique visant à manipuler l'opinion publique", et il s'attèlera cet été à démonter les arguments des autorités. Il sensibilisera également ses militants, l'opinion publique et les décideurs politiques à sa vision d'une pension durable. Pour vivre dignement, "il faut une pension de minimum 1500 euros", estime Rudy De Leeuw, arguant qu'elle peut être financée par un impôt sur le patrimoine. De plus, "nous ne regardons pas l'âge, mais la carrière. Et pour nous, 40 ans semble être une base suffisante pour octroyer une pension digne." Enfin, arguant que "ce ne sont pas les pensions publiques qui sont trop élevées, mais les pensions privées qui sont trop basses", le syndicat veut que ces dernières soient calculées sur un pourcentage de 75% du salaire, et non de 60% comme actuellement.

Si le syndicat ne s'estime pas entendu pendant l'été, les mois de septembre et octobre pourraient s'avérer socialement chauds.

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