Réduire le prix des voitures électriques pour respecter les impératifs européens ?

Réduire le prix des voitures électriques pour respecter les impératifs européens ?
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Réduire le prix des voitures électriques pour respecter les impératifs européens ? - © Tous droits réservés

Dès 2021, les constructeurs automobiles risquent des amendes très salées en Europe. À partir du 1er janvier, les émissions moyennes en CO2 des voitures neuves ne pourront excéder 95 g/km. On en est encore loin, surtout depuis la percée des voitures essences et la difficulté des voitures électriques à convaincre le grand public.

Si bien que certains experts, notamment relayés par le quotidien la DH, prévoient que les constructeurs vendront des véhicules électriques à perte dès 2021 pour réduire leurs émissions moyennes. Rien ne permet de l’affirmer aujourd’hui, mais il est certain que le défi sera grand pour atteindre les objectifs européens.

Plusieurs milliards d’euros d’amende

En 2021, l’Europe pourra réclamer 95 euros par gramme excédentaire par voiture vendue. Si on s’en tient aux performances de l’année 2018, on se rend compte que la note pourrait être très salée, même pour les constructeurs les moins polluants. Avec une émission moyenne de 99,9 g/km, Toyota était ainsi le constructeur le plus vert l’année passée. Mais d’ici 3 ans, ces performances provoqueraient encore une amende européenne de 335 millions d’euros.

Avec 118,8 g/km, la marque Volkswagen devrait payer près de 4 milliards d’euros d’amende, et Mercedes qui vend moins de voiture mais qui sont globalement plus polluantes (139,6 g/km en moyenne), payerait une note de 3,7 milliards d’euros.

 

 

 

Réduire le prix des voitures électriques ?

Une solution pour faire baisser la moyenne des émissions de CO2, c’est notamment de vendre plus de voitures électriques. Or, si les ventes augmentent, elles ne représentent encore qu’une infime partie du marché. Les constructeurs baisseront-ils dès lors les prix pour encourager les consommateurs ? C’est possible, même si la FEBIAC, la Fédération Belge de l’Automobile et du Cycle, reste discrète.

"Un arbitrage financier se fera certainement, précise Laurent Willaert, directeur des affaires publiques, avec peut-être des baisses de prix ou pas. C’est une décision commerciale qui se prendra au niveau des marques".

Des décisions politiques pour faciliter la transition

Mais il est clair que pour les constructeurs, le défi est grand. "Les motorisations essences qui ont gagné du terrain par rapport au diesel émettent plus de CO2, ajoute-t-il. Reste à convaincre le consommateur de faire le pas de l’électrique".

Et de ce côté-là, il n’y a pas que le prix des véhicules qui compte. "Si les gens achètent, il faut encore qu’ils puissent utiliser les voitures électriques. Pour cela, il faut développer l’infrastructure, les bornes de rechargement notamment. Or dans l’accord de gouvernement bruxellois, par exemple, il n’est pas fait mention une seule fois de la voiture électrique. Un débat doit avoir lieu au niveau politique pour faciliter cette transition", insiste Laurent Willaert.

Limites européennes renforcées à l’horizon 2030

Reste que les mesures des constructeurs devront s’inscrire sur le long terme. Fin de l’année dernière, l’Europe a voté de nouvelles règles. En 2025, les émissions de CO2 des voitures neuves devront être réduites de 15% par rapport à 2021 et de 37,5% en 2030.

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