Recupel et Bebat font-elles du business sur le dos des consommateurs?

Recupel et Bebat font-elles du business sur le dos des consommateurs?
Recupel et Bebat font-elles du business sur le dos des consommateurs? - © PHILIPPE HUGUEN - BELGAIMAGE

Machine à laver, pneus, voiture, ordinateur ou piles. Pour chacun de ces achats, il y a une cotisation. Elle couvre les coûts de reprise et de recyclage du produit. Or il semble - et c’est la Cour des comptes qui le dit - que cette cotisation est sans proportion avec les coûts réellement supportés par les fabricants.

Les fabricants se sont associés pour gérer la récupération et le recyclage. Les noms des associations qu’ils ont créées ne vous sont pas inconnus : Fost+ s’occupe des collectes sélectives et des déchets d’emballages ménagers, Bebat gère les piles et batteries usagées, Récupel se concentre sur les appareils électriques et électroniques ou encore, par exemple, Febelauto collecte les épaves de voitures.

Dans cet ensemble, la Cour des comptes a eu l’attention plus particulièrement attirée par deux associations : Bebat et Recupel. Les deux ont généré des bénéfices substantiels et ont constitué des réserves importantes. Recupel aurait ainsi des réserves de 254 millions d'euros. Bebat, de son côté, disposerait de 110 millions d'euros.

Gérant des appareils à longue durée de vie, Recupel explique qu’il doit disposer de réserves. Beaucoup plus difficile à justifier pour Bebat qui doit juste traiter des piles usagées.

Ça ne va pas, dit la Cour des comptes. Comprenez, en gros que ces associations font un business juteux sur le dos des consommateurs, ce qui n’est pas le but recherché.

Dans son dernier rapport en date, l’institution suggère que la Région wallonne revoie le dispositif. L’administration qui travaille sur la question, évalue à 700 000 euros le montant récupérable. La direction est bonne, dit la Cour des comptes, mais le montant est trop faible.

D’autres voies sont possibles : imposer un agrément aux associations qui fonctionnent plus ou moins en roue libre ou encore imposer un mécanisme fiscal.

Il faut en tout cas, estime la Cour des comptes, que la Région wallonne mette en place un dispositif qui tienne mieux compte des coûts réels de la collecte et du tri/recyclage. Un argument auquel le gouvernement semble sensible.

Carl Defoy

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