Recrutement de personnel : des robots pour sélectionner les CV

Qui est le mieux à même de repérer les bons profils? L'homme ou la machine?
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Qui est le mieux à même de repérer les bons profils? L'homme ou la machine? - © BENOIT VANZEVEREN - BELGA

Et si un jour c’était un robot qui vous recrutait ? Aujourd’hui déjà, plus d’un tiers des entreprises dans le monde utilisent l’intelligence artificielle pour filtrer les curriculums vitae et trouver la perle rare. Et cette pratique est en augmentation, d’après le site spécialisé LinkedIn.

Certaines entreprises organisent des matchs de foot avec tous les candidats. Ça peut aussi être un jeu de rôle ou des escape rooms. Évidemment, ce n’est pas un concours, ce n’est pas celui qui gagne qui est embauché. Le but est de voir sur le terrain ou pendant le jeu de rôle, la nature de chacun : qui est individualiste, qui est collectif, qui coopère, qui stresse, comment chacun réagit face à l’inattendu. Pour ça, on peut aussi faire jouer les candidats à des jeux vidéo. Certaines entreprises organisent des cocktails dînatoires pour favoriser les rencontres et les discussions plus décontractées, l’informel.

Déchiffrer ce que cache le CV

A chaque fois, le but est de mettre en évidence ce qu’on ne voit pas sur un CV, les aptitudes humaines plutôt que le diplôme et que le parcours professionnel ou que l’expérience. Il faut toutefois reconnaître que les entreprises qui organisent des matchs de foot, c’est encore assez rare et plutôt anecdotique. En revanche, une véritable évolution beaucoup plus fondamentale s’opère dans la présélection, avant de rencontrer les candidats. Cette fois, de nombreuses entreprises font appel à un tiers qui utilise l’intelligence artificielle et les ordinateurs. Surtout quand les entreprises reçoivent des centaines de CV. Ce qui est de plus en plus fréquent.

Pour Jean-Olivier Collinet, de JobYourself, l’intelligence artificielle peut dans ces cas-là être particulièrement utile. Surtout pour les postes nécessitant moins de qualifications. « Quand on voit le temps nécessaire pour analyser un CV, ça prend parfois entre 5 et 20 minutes. Si une machine peut me proposer les 10 bons CV, je gagne énormément de temps. Beaucoup de recruteurs souhaitent aujourd’hui gagner ce temps pour le consacrer à autre chose. »

Et cela fonctionne, puisqu’une étude qui a comparé une même pile de CV, a obtenu les mêmes résultats que les recruteurs, humains dans une proportion de 80%.

Le robot ne fait pas de discrimination à l’embauche

On peut évidemment trouver paradoxal que ces entreprises qui cherchent plutôt des aptitudes humaines et des qualités relationnelles, utilisent des ordinateurs pour embaucher.

Ce sont en réalité les facettes d’une même médaille. Digitaliser le recrutement a évidemment des avantages, mais aussi des inconvénients. Il faut trouver le juste milieu, explique

Jean-Olivier Collinet. « Le robot sera au moins objectif. On parle souvent de discrimination à l’embauche et autres. La discrimination, c’est parfois aussi avoir un avis sur une personne, un bon ou un mauvais feeling. Donc, le point positif est qu’on objective. Le point négatif est qu’on supprime le contact. Qui dit que la machine va avoir le même feeling que moi ? Qui va bosser au quotidien avec mon travailleur : la machine ou moi ? »

Qui va bosser au quotidien avec mon travailleur : le robot ou moi ? 

Comme dans beaucoup de secteurs qui se digitalisent, l’enjeu est de taille : trouver l’équilibre entre la machine et l’humain. Les entreprises ont intérêt à y arriver parce que ça coûte cher de se tromper en matière de recrutement. Au final, tout le monde a intérêt à trouver le candidat qui sera bien au bon poste et qui restera le plus longtemps possible dans l’entreprise.

 

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