Réchauffement climatique : faut-il sortir du modèle capitaliste ?

À l’occasion de l’ouverture du Sommet de l’ONU pour le climat ce lundi à New-York, une question ou plutôt un dilemme en débat dans CQFD : nos modèles économiques actuels sont-ils aptes à soutenir la lutte contre le réchauffement climatique ou faut-il carrément changer de paradigme ? Quitte à sortir de la logique de croissance à tout prix… Pour répondre aux questions d’Arnaud Ruyssen ce lundi soir : Etienne de Callataÿ, chef économiste chez Orcadia Asset Management et professeur à l’UNamur, et Géraldine Thiry, économiste et professeure à l’ICHEC et à l’UCLouvain.

Le mot "croissance" s’efface dans l’accord wallon

La nouvelle majorité wallonne s’est elle engagée à réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. "Il y a un changement de mentalité qui se reflète dans la Déclaration de Politique Régionale", observe Géraldine Thiry qui explique avoir vérifié le nombre de fois qu’y apparaît le mot "croissance": "On voit qu’il apparaît trois fois moins que dans la DPR précédente. Ça peut paraître anecdotique mais je pense que ça en dit long […] Déploiement de l’économie circulaire, diminution des subsides aux énergies fossiles, valorisation des activités économiques alternatives… à la lecture de la déclaration, concède-t-elle, j’ai été positivement surprise, même si la cohérence globale de cette DPR n’est pas encore acquise".

Etienne de Callataÿ salue une ambition wallonne supérieure à l’européenne (qui vise 40% de diminution des émissions de CO2 à l’horizon 2030), mais il reste sur sa faim, dit-il, sur le comment : "Ce qui a été annoncé dans la déclaration est très certainement largement insuffisant pour atteindre l’objectif de 55%. De plus, la focalisation sur 2030 ne permet pas de suffisamment anticiper […] Il faudrait en fait à la fois regarder 2050 et 2030". Et il faut, selon l’économiste, "privilégier demain une croissance économique dans le droit fil du capitalisme, mais plus respectueuse de la planète".

Ambitions climatiques et "post-croissance"

La post-croissance désigne la fin d’une époque basée sur l’objectif de croissance économique à tout prix, selon ce postulat : la croissance ne permettant plus de réduire les inégalités et alimentant le réchauffement climatique, il faudrait passer à un autre modèle. En clair, estiment certains : rompre avec le capitalisme, pour inverser le cours du changement climatique. Plus de 200 scientifiques ont signé une lettre ouverte en ce sens l’an dernier.

Géraldine Thiry en fait partie et prône un changement de modèle qui permettrait de multiples logiques alternatives. Etienne de Callataÿ, lui, privilégie un meilleur fonctionnement du capitalisme. Voici leurs arguments :

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