Rapport Oxfam: la Belgique est un pays parmi les plus égalitaires du monde

La Belgique fait partie des pays parmi les plus égalitaire.
La Belgique fait partie des pays parmi les plus égalitaire. - © Getty Images

Le Forum économique mondial de Davos s’ouvre ce mardi, sorte de speed dating de l’élite économique de la planète. En amont de ce Forum, le traditionnel rapport d’Oxfam a à nouveau dénoncé une concentration grandissante des richesses et une explosion des inégalités dans le monde. Mais qu’en est-il pour la Belgique. Les inégalités explosent-elles chez nous aussi ?

Le niveau des inégalités stagne chez nous depuis des années, peu importe l’indicateur qui est pris en compte : écart dans les revenus, dans les patrimoines (et donc habitation), voiture, actifs financiers, etc.

Entre les extrêmes au sein de la population ou en tenant compte de la richesse médiane, l’évolution est claire : contrairement à la plupart des pays occidentaux, les inégalités sont restées plutôt faibles et ont peu progressé au cours des 25 dernières années en Belgique.

Et c’est d’ailleurs une "prouesse" de notre plat pays, selon Mikael Petitjean, professeur à la Louvain School of Management : "Les inégalités en Belgique sont stables depuis plusieurs années. Il n’y a ni augmentation substantielle ni diminution substantielle. C’est relativement une bonne nouvelle parce que la croissance économique a stagné. On n’a plus de taux de croissance équivalent à ce qu’on observait dans les années 60 avec des taux à 4%. On a maintenant des taux de croissance à 1%. Maintenir les inégalités sociales telles qu’elles sont aujourd’hui est donc plutôt une prouesse."

Une ligne de fracture entre les 15 à 20% des Belges les plus pauvres et les autres

La Belgique est donc un pays riche. Et en plus d’être riche, le "plat pays" est plutôt parmi les plus égalitaires du monde et dans lequel il n’y a pas de grande différence apparente entre les plus riches et les revenus de la classe moyenne, le "gros de la troupe".

Mais il existe bien une ligne de fracture dans les inégalités en Belgique. Elle ne se situe pas au niveau de la différence entre les revenus intermédiaires et les plus riches. Mais là où se matérialisent les inégalités, c’est surtout dans l’écart qui sépare les pauvres du revenu médian, et donc à nouveau du "gros de la troupe". Cette ligne de fracture inégalitaire se situe entre les 15 à 20% des Belges les plus pauvres et les autres. Cette ligne de fracture statistique n’a pas bougé depuis des années, ce qui ne veut pas dire que la réalité n’a pas évolué. Il y a effectivement eu des mouvements être les catégories de personnes parmi les moins bien loties.

Les personnes âgées s’en sortent mieux que les travailleurs peu qualifiés

Sur les 10 dernières années, grosso modo, les personnes âgées à faibles revenus ont globalement et dans une certaine mesure connu un mouvement vers un "mieux", alors que les personnes en âge de travailler, mais peu qualifiées, ont connu un mouvement vers moins de richesse. Ce sont plutôt des jeunes peu ou pas qualifiés qui ont pris la place, en quelque sorte, d’une partie des retraités belges parmi les plus pauvres.

Il y a donc une polarisation entre des jeunes qui sont sans éducation, sans formation particulière, et donc souvent sans emploi et qui n’arrivent pas à bénéficier de l’ascenseur social, et des personnes qui ont pu en tirer profit au cours des 30 ou 40 dernières années et qui se retrouvent plutôt dans la catégorie des personnes qui sont aujourd’hui à la retraite. Ces inégalités-là sont effectivement bien réelles.

Tout ceci ne veut bien sûr pas dire qu’il n’y a pas de petites retraites précaires ou qu’il n’y a pas de précarité en Belgique, mais les inégalités les plus criantes ne se trouvent globalement pas chez nous. Si aux États-Unis et dans la plupart des pays du monde les inégalités se creusent, voire explosent, ce n’est pas le cas en Belgique.

Archives : Journal télévisé du 16/01/2017

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