Rachat de TNT par Fedex: comment survivre face à trois géants?

Pour survivre TBC a décidé il y a quelques années de concurrencer BPost sur son propre terrain, notamment les envois recommandés mais aussi le courrier traditionnels. Avec ses propres timbres.
Pour survivre TBC a décidé il y a quelques années de concurrencer BPost sur son propre terrain, notamment les envois recommandés mais aussi le courrier traditionnels. Avec ses propres timbres. - © Tous droits réservés

Il y en avait quatre, il n'y en a plus que de trois! Quand le rachat de TNT Express par Fedex sera définitivement conclu, il ne restera plus que trois grands opérateurs sur le marché européen. Les petits ont quasiment disparu ou se sont reconvertis à l'exemple de TBC Post qui marche sur les plates-bandes de l'opérateur historique.

Tout le monde connaît les noms des trois grands! Outre Fedex, il s'agit d'UPS et de DHL. Les deux premières sont des entreprises américaines cotées à Wall Street, sur le New York Stock Echange. La troisième est allemande et elle appartient entièrement à la Deutsche Post depuis 2002. Ces trois grandes ont, sinon un monopole, à tout le moins une part de marché écrasante. Cela veut dire qu'il n'y a plus ou presque plus de petits. C'est le résultat d'une évolution en cours depuis une quinzaine d'années environ.

De l’express à la messagerie

Dans les années nonante, on parlait encore de courrier express. Le job consistait à amener le plus vite possible un pli d'un point A à un point B, un service qui se payait cher. Le développement du courrier en ligne a réduit l'intérêt du système. Petit à petit, le courrier express s'est transformé en messagerie, c'est-à-dire l'acheminement d'un colis petit ou grand comme une télévision par exemple.

Le boom du commerce en ligne a fait le reste pour faire exploser le nombre de livraisons. La statistique vient des Etats-Unis, mais elle est intéressante. Pour une paire de chaussures achetée en ligne, quatre sont retournées, soit neuf trajets pour une seule vente. En passant, ce n’est pas très écologique.

Un tel trafic nécessite une grosse infrastructure et donc des opérateurs de grande taille. A côté des trois grands, on peut encore citer la néerlandaise GLS et l'allemande DPD. Pour être complet, il faut ajouter que les postes européennes ont aussi décidé d'investir la messagerie pour combler le chiffre d'affaires perdu par la diminution du courrier traditionnel.

Du berger à la bergère

Les petits ont quasiment disparu du marché belge et ceux qui restent sont vraiment très locaux. On épinglera quand même, une reconversion pour le moins originale, celle de TBC. Dans les années nonante, cette entreprise bruxelloise était un challenger de poids dans le courrier express. Sentant le vent tourner, son fondateur Thierry Brugma passe à l'attaque : " Quand nous nous sommes rendus compte que certaines postes européennes rachetant les gros courriers express cassaient un peu le jouet, nous avons décidé de les attaquer sur leur propre terrain en allant prendre des parts de marché sur un produit qui n’a pas beaucoup de valeur ajoutée mais où les volumes sont tellement énormes que notre potentiel pour les années à venir ne nous pose pas de problème ".

En 2013, libéralisation du marché postal obligé, Thierry Brugman obtient la licence postale, son entreprise s'appelle désormais TBC Post. Elle émet ses propres timbres, dispose de 86 points de dépôt de courrier et assurera cette année l'envoi de 5 millions de recommandés. Des activités où la marge est faible, mais les volumes potentiels importants. TBC Post à déjà grignoté 5 % de part de marché à l'opérateur historique et son effectif va passer de 70 à 100 personnes pour assurer la croissance.

Michel Visart

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