Quelles étapes avant le déploiement d'une couverture 5G à Bruxelles?

C'est un pas de plus vers la 5G à Bruxelles. La ministre régionale de l'environnement Céline Frémault vient d'annoncer un projet d'ordonnance visant à relever les normes d'émissions d'ondes électro-magnétiques dans la Région. De 6 volts par mètre à 14,5. C'est la conséquence d'un protocole d'accord passé en juillet entre les trois opérateurs télécoms du pays et la Région bruxelloise, qui doit permettre un premier déploiement de la 5G dans la capitale, et surtout de respecter l’échéance 2020 demandé par la Commission Européenne.

Révisions nécessaire des normes?

Un internet ultra-rapide nécessitait un assouplissement de ces normes d’émissions? Oui. Les antennes relais du réseau mobile sont des sources d’émissions d’ondes électromagnétiques. Jusqu’à présent la norme dans la capitale est de 6 Volts par mètre, l’intensité maximale autorisée. Et le réseau actuel est déjà en grande partie saturé. L'étude de l'IBPT (Impact des normes de rayonnement bruxelloises sur le déploiement des réseaux mobiles) datant du 12 septembre, et publiée hier (après les élections communales) est formelle: le réseau actuel est déjà en grande partie saturé et la norme existante ne permettait pas de répondre à une consommation croissante de données mobile. Mais l'assouplissement des normes ne signifie pas que Bruxelles sera effectivement couverte par un réseau 5G en 2020.

Qu’est-ce qui reste à faire ?

Des investissements. Concrètement, les antennes relais existantes doivent être mise à jour, améliorées, et de nouvelles antennes pourraient être placées. Ces investissements sont chiffrés à 150 millions d'euros. Ils devraient réalisés par les trois opérateurs réseau: Telenet, Proximus, et Orange. Avec une création d’emplois "évaluée" à 1500 emplois pour un déploiement total de la 5G. 

Si les taxes communales sur les antennes sont maintenues, il ne sera pas possible d’avoir un développement total de la 5G sur Bruxelles

Sauf qu'aujourd'hui, les taxes annuelles sur les antennes dans les communes bruxelloises posent encore problème, pour Floriane De Kerkhove, spécialiste en charge du dossier 5G chez Agoria: "Aujourd’hui, les communes bruxelloises taxent, selon les communes, entre 3000 et 10.000 euros par an sur les antennes. Ce qui pose déjà problème par rapport à la 4G existante. Ces taxes ralentissent les investissements. Et si ces taxes sont maintenues, il ne sera pas possible d’avoir un développement total de la 5G sur Bruxelles".

Une suppression des taxes communales?

Or, souligne Isabelle De Kerkhove, "l’accord de juillet dernier a prévu non seulement la révision de la norme et une série de mesures d’accompagnement, mais aussi que le gouvernement bruxellois se mette à négocier avec les communes et les opérateurs pour trouver une solution à ces taxes sur les antennes." Comprenez, l'assouplissement annoncé des normes d'émission ouvre désormais la porte à des négociations entre les opérateurs, la Région et les communes bruxelloises...le temps en tout cas que les nouvelles majorités se mettent en place. Et enfin, n'oublions pas une étape cruciale: pour permettre le déploiement de la 5G, de nouvelles bandes de fréquences vont être mises en aux enchères par l’Etat fédéral en 2019 - pour une durée de 20 ans.

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