Quand le crowdfunding part à la rescousse des anguilles en voie de disparition

Saviez-vous que les anguilles sauvages sont menacées de disparition? Des chercheurs belges ont émis une hypothèse pour expliquer cette situation mais ils doivent à présent la valider.
Pour cela, il faut des moyens et c'est via le crowdfunding, le financement participatif, qu'ils comptent les trouver.
Avant d'entrer dans les détails, un mot sur les anguilles. Sont-elles vraiment menacées. Précisons d'abord qu'il s'agit des anguilles sauvages, et donc pas celles qui se retrouvent dans nos assiettes et qui proviennent dans tous les cas d'élevages. Ce sont bien les anguilles sauvages qui sont menacées. Entre 1980 et aujourd'hui, 99 % de leur population ont disparu.

C'est énorme! C'est ce qui explique cette évolution et plusieurs explications ont été avancées. L'anguille nait dans la mer des Sargasses en plein océan Atlantique, elle rejoint ensuite nos cours d'eau pour y poursuivre sa vie pendant une vingtaine d'années. Un long parcours qui n'est pas sans danger. La construction de barrages, le changement climatique qui a modifié les courants marins et autres sont des éléments, mais il n'expliquent pas une diminution aussi radicale des populations d'anguilles.

Gare à l'alu!

Des chercheurs de l'UCL ont fait une découverte que nous explique le professeur Jean-François Rees: "En cherchant tout à fait autre chose dans les anguilles belges, nous nous sommes rendus compte qu'elles étaient fortement contaminées par l'aluminium et nous nous sommes demandés d'où il pouvait venir. L'aluminium est extrêmement abondant sur la terre, c'est le troisième élément dans la croûte terrestre mais il n'est pas du tout disponible, il n'est pas mobilisable. il reste dans les roches sauf lorsqu'il y a des pluies acides. Ces phénomènes qui ont eu lieu au siècle passé et qui ont culminé dans les années quatre-vingt auraient pu entraîner le lessivage de l'aluminium des sols dans les rivières. C'est ce qui s'est passé en Europe du Nord et malheureusement les anguilles pourraient être très sensibles à cet aluminium".

L'aluminium tueur d'anguilles, ce n'est encore qu'un hypothèse qui doit maintenant être validée et c'est ici qu'intervient le financement participatif. L'UCL travaille en partenariat avec l'université de Wageningen aux Pays-Bas. Ses chercheurs ont évalué le coût de cette recherche à 30.000 euros et la voie du crowdfunding leur a semblé la plus efficace. Jean-François Rees: "Pour décrocher des fonds pour ce genre de projets, les démarches sont souvent longues et complexes. Les financement de la Fédération Wallonie Bruxelles ne sont pas extrêmement importants. Or nous voudrions répondre rapidement à cette question parce qu'il y a une urgence. Nous nous sommes donc mis dans une perspective de récolter l'argent auprès des citoyens qui sont préoccupés par les questions environnementales". 

Le financement de la recherche par la voie du financement participatif n'est pas une  première en Belgique maisil reste encore marginal. D'autres pays sont plus avancés. La France par exemple avec un site internet qui regroupe les projets de l'enseignement supérieur à la recherche d'un financement participatif.

Si le projet des anguilles vous intéresse www.futsci.com/project/eel

 

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