Prudents, hésitants, les investisseurs belges sont-ils des pantouflards?

Est-ce que les belges font des choix judicieux lorsqu'ils placent leur argent. Epargne, actions, obligations, immobilier,...une étude mondiale de la société Legg Mason dresse le portrait-robot de l’investisseur moyen. Et en Belgique, on peut dire que les investisseurs sont prudents, voire pantouflards. (En plus d'être à contre-temps vis-à-vis de la bonne gouvernance des entreprises)

Une brique dans le portefeuille

Les placements faits par les belges sont considérés comme défensifs- pas trop risqués, ça on le savait. Les portefeuilles d’investissement belges contiennent de la trésorerie et des équivalents de trésorerie (31 %) comme de l'épargne par exemple, des actions (22 %) et de l’immobilier (21 %). En fait, les investisseurs belges et français présentent le taux de propriétaires immobiliers le plus élevé au monde. Si le belge a une brique dans le ventre, l’investisseur belge a lui, une brique dans le portefeuille.

Relation affective à l'immobilier 

Il y a, c'est vrai, un contexte de  rendements bas sur les obligations par exemple, qui peut plaider pour la brique. Mais en Belgique le rapport à l’immobilier est particulier, pour Eric Simonnet, responsable pour le marché Benelux chez Legg Mason: "Imaginez un bien immobilier qui baisse de 30% dans un quartier qui vous intéresse. Il y a fort à parier que vous saisiriez cette opportunité comme très attractive. Par contre, si une action venait à baisser 30%, l’investisseur belge serait plutôt effrayé et ne saisirait pas l’opportunité, même si elle était intéressante, d’investir sur le marché des actions".

Un appartement qui perd 30% est perçu comme une bonne affaire, une action qui perd 30% effraie.


Ou pour le dire autrement, il y a une dimension affective et non rationnelle, du belge vis-à-vis de l’immobilier. Qui peut se comprendre quand on achète son propre logement, vu la valeur d'usage que cela implique. Mais quand l'investissement concerne un deuxième ou un troisième bien,...il s'agit bien d'investissements financiers. Et malgré le côté peut-être rassurant, en façade, de l'immobilier, mettre tous ces œufs dans le même panier, c'est très risqué.

Derrière le marché

L'investisseur belge est globalement plutôt hésitant quand il faut investir. Et globalement, l'investisseur belge est plutôt souvent en retard par rapport au marché, "à courir derrière le marché", pour Eric Simonnet, "dans le sens où après une année à +20% sur portefeuille, il y a 32% des investisseurs belges qui seraient prêts à investir plus. Donc toujours un peu derrière le marché quand il monte, et hésitant à vouloir investir quand le marché présente des opportunités d'achats significatives".

Manque d'information

Mais ça, c'est peut-être du au mauvais conseils financiers: société de gestions, banques...ces acteurs ont un rôle 
d’information capital à jouer. Qu'ils ne jouent pas toujours, voilà une autre leçon de l'étude Global Investment Survey. Même si vous détenez un petit portefeuille défensif, prudent, le meilleur conseil reste celui de s'informer: de regarder de quoi ce portefeuille est composé, et de poser des questions à son conseiller financier.

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