Proximus veut étendre l'internet ultra-rapide en Belgique : "Le coût de construction de la fibre est colossal"

L’Internet à la vitesse de la lumière pour tous les Belges, c’est la promesse de l’opérateur télécom Proximus, qui compte investir cinq milliards d’euros pour remplacer son réseau en fil de cuivre par de la fibre optique. Le sujet était au coeur de la rubrique "Le marché matinal", ce jeudi sur La Première.

Moins de 10% des foyers et des entreprises belges ont aujourd’hui accès à une connexion en fibre optique. C’est donc à marche forcée que Proximus compte déployer la fibre

"C’est un investissement de cinq milliards d’euros pour les huit prochaines années et on vise à couvrir 100% des foyers belges, avec un point de passage à 70% de couverture du territoire et des foyers et des entreprises belges d’ici 2028", résume Guillaume Boutin, CEO de Proximus.

Plus de quatre millions de foyers belges y accéderont à l’horizon 2028. Les autres devront patienter encore pour avoir accès aux vitesses de connexion de la fibre, 20 fois plus rapide que les meilleures connexions ADSL.

Concentré sur "les zones les plus denses"

Si ça va prendre tellement de temps pour relier tous les foyers et toutes les entreprises à cette fameuse fibre optique, c’est parce qu’il s’agit d’un chantier colossal. Il faut remplacer l’ensemble du réseau câblé en cuivre du pays. Pour aller plus vite, Proximus va collaborer avec un autre spécialiste du déploiement des réseaux, Eurofiber, et leur joint-venture, Unifiber.

"Il faut savoir que le coût de construction de la fibre est colossal, enchaîne Guillaume Boutin. C’est un investissement qui est là pour les cinq prochaines années, donc on ne doit pas le faire tout seul, on doit le faire avec des partenaires."

Il poursuit : "Nous, Proximus, on va se concentrer sur les villes les plus importantes, les zones les plus denses, et notre partenaire Unifiber, avec qui on est lié, va s’occuper des zones un peu moins denses, ce qui permet de travailler en parallèle et d’aller plus vite, parce que l’objectif est évidemment d’apporter au plus vite cette technologie qui change la vie de tout le monde et qui est la seule capable de répondre aux besoins numériques du futur."

Unifiber va investir 800 millions d’euros en 10 ans dans les zones moins densément peuplées. Elle a déjà commencé à Waterloo, en l’occurrence, et il y aura aussi bientôt Morlanwelz, Jodoigne, Huy et une série d’autres villes wallonnes.

Qui va payer ?

Pour le ministre wallon de l’Économie, Willy Borsus, cet investissement est absolument fondamental pour notre économie : "Nous devons pouvoir disposer ici de toutes les capacités pour soutenir notre transition industrielle. Parmi ces capacités, parmi ces prérequis, la fibre de très haut débit est bien sûr un des éléments. Ce n’est pas le seul, mais c’est un des piliers de cet objectif de réindustrialisation de ramener chez nous des chaînes de valeur, des chaînes de production."

Ce réseau de fibre optique sera ouvert à l’ensemble des opérateurs télécoms qui le souhaitent, pas seulement à Proximus. C’est donc eux qui vont devoir payer pour le service.

"Nous investissons dans le déploiement du réseau. Bien entendu, après ça, ce réseau sera mis à profit par les opérateurs qui, eux, nous rémunérerons pour l’usage qu’ils feront du réseau. Mais en tout cas, la pose initiale de tout le réseau, et donc de toute la fibre dans les communes, est totalement gratuite pour les communes", explique Philippe Lemmens, administrateur d’Unifiber.

Les opérateurs loueront donc des capacités sur ce réseau ouvert pour proposer des services au client final. Mais au bout du compte, et pour répondre totalement à la question d’il y a quelques instants, c’est effectivement le consommateur privé ou l’entreprise qui financeront ce réseau en fibre optique, au travers tout simplement de nos factures.

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