Proximus: des employés ont arrêté le travail, notamment au sein de certains call-centers

Un préavis de grève a été déposé ce jeudi par les syndicats à l'issue de la réunion de la commission paritaire extraordinaire de Proximus au cours de laquelle les représentants des travailleurs ont obtenu la confirmation que 1900 emplois allaient disparaître et que 1250 engagements allaient être effectués. Si un préavis de grève est déposé, les syndicats n'appellent toutefois pas à l'action. Selon nos informations, à la mi-journée, certains travailleurs ont arrêté le travail au sein de plusieurs call-centers. 

"Nos craintes étaient tout à fait justifiées. En tant qu'organisation syndicale nous ne pouvons pas accepter que les économies soient faites uniquement sur le dos du personnel : on ne touche pas aux dividendes, on ne touche pas au comité d'organisation. C'est inacceptable! Et de ce fait nous avons déposé un préavis de grève", avait réagi à l'issue de la réunion de la commission paritaire Laurent Malengreau, vice-président CGSP pour le secteur télécom-aviation. La direction n'a "absolument pas" été claire sur le profil des personnes qui seront touchées par la restructuration, regrette-t-il. "Il y aura des nouveaux emplois, donc il va y avoir des investissements au niveau technologique, au niveau formation. Mais il est bien évident que toute personne ici n'aura pas les capacités ou le potentiel, à cause d'un âge plus avancé ou de moins de performance. Donc il y a certaines personnes qui ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête".

"On ne peut pas exclure des licenciements secs"

"Pour la CSC, dès demain nous allons réunir nos gens, surtout qu'on vient de nous informer qu'on ne pouvait pas exclure des licenciements secs au final", expliquait dans la matinée Stéphane Daussaint de la CSC Transcom.

Pourquoi les call-centers?

Le fait que ce sont des travailleurs des call-centers qui ont été les premiers à observer des arrêts de travail n'étonne pas un syndicaliste de la CGSP : "C'est l'information donnée par Dominique Leroy, reprise ensuite par la presse, de la volonté de délocaliser les call-centers qui a généré cela. Mais il faut préciser que ce qui a été prévu au départ c'est que ce sont les call-centers externes qui seraient délocalisés". Autrement dit : il s'agit de call-centers dont les opérateurs ne sont pas des employés de Proximus, et qui partiraient hors de la Belgique, voire hors d'Europe. Dans un premier temps, il a été dit aux syndicats qu'on "ne touchait pas aux call-centers internes. Mais je comprends tout à fait l'inquiétude de ces opérateurs. Ce n'est pas un travail facile, se faire engueuler toute la journée par des clients. Ce n'est pas évident et c'est un sujet très sensible chez Proximus".

Les syndicats vont désormais informer les travailleurs. Un agenda a été convenu avec la direction, qui "veut entretenir le dialogue social", selon les syndicats. Les représentants des travailleurs doivent encore consulter leur base pour recevoir un mandat de négociation.

Ecoutez Laurent Malengreau (CGSP) et Stéphane Daussaint (CSC), interrogés par Miguel Allo.

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