Procédure de réorganisation judiciaire: 15% des entreprises parviennent à se redresser

La procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) a pour but de préserver, sous le contrôle du juge, la continuité de l’entreprise qui est en difficulté. Cette procédure a récemment été sollicitée par le confiseur et chocolatier bruxellois Vanparys.

Le taux d’échec des procédures de réorganisation judiciaire est extrêmement élevé. 70 à 80%, voire 85% des entreprises qui passent par la case PRJ finissent tout de même par être déclarées en faillite. Peu, très peu de sociétés finissent donc par s’en sortir. Et pourtant, selon Clarisse Ramakers, directrice du service d’études de l’UCM, c’est loin d’être négligeable : "Il faut savoir que quand la PRJ est lancée, c’est parce qu’il y a déjà des créances qui ne sont pas honorées, notamment au niveau de l’ONSS et au niveau du fisc. Et donc, à partir du moment où l’entreprise a déjà des problèmes financiers puisqu’elle n’a pas été capable d’honorer ce type de créances, dire que 15% d’entre elles, après une période relativement limitée, arrivent à se redresser est un élément que l’on trouve positif".

Rien n’est jamais définitivement acquis

La société Cameleon fait partie de ces entreprises qui s’en sont sorties. Il y a un peu plus de quatre ans, ses dirigeants avaient dû aller au tribunal de commerce pour solliciter une procédure de réorganisation judiciaire ; la trésorerie de l’entreprise était quasi à sec. C'était le début d’un long parcours que raconte Bruno Pfalzgraf, l’actuel directeur général de Cameleon : "Il y a eu un premier dépôt qui s’est passé l’été d’il y a quatre ans, une procédure qui a été approuvée six mois plus tard, et ensuite un plan de remboursement avec un écrémage des dettes malgré tout, ce que les Anglais appellent un 'hack up', où on va réduire le montant de la créance en accord avec les créanciers — il faut que les créanciers acceptent — pour se dire : 'OK, on poursuit l’activité, on ne va pas pouvoir rembourser tout ce qu’on vous doit, mais on a intérêt ensemble à essayer de poursuivre l’activité, préserver l’emploi et vous rembourser une partie des créances qu’on a à votre égard".

Et cela prend du temps : le plan de remboursement de Cameleon s’est terminé il y a quelques mois à peine, c’était au mois de juillet. Il aura donc fallu quatre années à l’entreprise pour sortir du règlement judiciaire. Et cette épreuve a clairement marqué l’entreprise, ses salariés, ses dirigeants, ses fournisseurs et ses clients aussi, au point qu’aujourd’hui, certains pensent encore que Cameleon a fait faillite. Ce n’est évidemment pas le cas, mais c’est vrai que le périmètre de l’entreprise a changé. Il a fallu par exemple céder l’activité Internet et il a fallu aussi supprimer des postes de travail.

Et aujourd’hui, Cameleon "va beaucoup mieux. On a dégagé un profit opérationnel consolidé de l’ordre d’un million d’euros, ce qui n’était clairement pas arrivé depuis la PRG, et même avant. Donc, l’entreprise va mieux, les ventes se sont stabilisées. Cette année, on est en croissance de ventes, et aujourd’hui on est optimiste, on a envie de se tourner vers l’avenir et on a des projets de développement sur lesquels on doit encore se décider : où va-t-on mettre nos investissements pour nous développer? Donc ça va beaucoup mieux mieux" poursuit Bruno Pfalzgraf.

Mais l’entreprise est marquée dans toutes ses composantes et elle est bien consciente que sur son marché — la vente de vêtements prêt-à-porter, de chaussures et d’accessoires — rien n’est jamais définitivement acquis.

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