Prix du gaz: Electrabel rejette les accusations de manipulation

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La libéralisation du marché du gaz et de l'électricité serait un échec, selon plusieurs interviews publiées ces derniers jours dans la presse. Samedi, le président de la CREG accusait Electrabel de maintenir des prix élevés. L'entreprise rejette l'accusation.

Nouveau jeu de bras de fer entre la CREG et les fournisseurs de gaz, et en particulier Electrabel. Par presse interposée, le président de la Commission de régularisation de l'électricité et du gaz, la CREG, François Possemiers dénonce les prix pratiqués qui seraient, selon lui, "manipulés", forcément au détriment du consommateur. Le député socialiste flamand Renaat Landuyt estime que c'est désormais à la justice et au parquet d'intervenir pour permettre au consommateur de récupérer son argent.

Tout a commencé avec des propos, dans Le Soir de vendredi, du ministre fédéral de l'énergie Paul Magnette, estimant que la libéralisation de l'énergie chez nous est un "échec" et annonçant des mesures pour tenter de corriger le tir.

Viennent ensuite les interviews du patron de la CREG François Possemiers dans la Libre Belgique et le Morgen ce samedi. Les fournisseurs de gaz manipulent les prix, selon lui. Et d'accuser Electrabel de maintenir artificiellement des prix élevés.

Ainsi, côté tarifs de distribution du gaz, il épingle une hausse de 12% depuis 2008 suite aux nouveaux index tarifaires appliqués contre l'avis de la CREG. Index adaptés qui atterrissent sur la facture finale du client.

Cela a provoqué peu de réactions, sauf celle du député socialiste flamand Renaat Landuyt, qui appelle à une intervention du parquet pour que le consommateur récupère une partie de son argent et du surplus payé. Une intervention comme dans le dossier Citibank, insiste Renaat Landuyt.

L'auditeur du Conseil pour la concurrence a ouvert une enquête. Le ministre Open VLD de l'Entreprise, Vincent Van Quickenborne, a affirmé que si des violations sont constatées, des amendes pourront être infligées.

La FEBEG, la Fédération belge des entreprises électriques et gazières, a fait part de son étonnement dans un communiqué. La fédération patronale souligne que le patron de la CREG se base sur une étude confidentielle que le régulateur aurait remise au ministre de l'Energie et dont les fournisseurs n'ont pu prendre connaissance. 

Et du côté d'Electrabel, on ne souhaite pas réagir officiellement non plus pour l'instant, faute d'accusations précises et claires. On rappelle n'avoir jamais été mis en faute sur quoi que ce soit jusqu'à présent. Et on rappelle que plutôt que de parler, par exemple, d'enquête pénale, la CREG dispose d'un pouvoir d'enquête judiciaire, qu'elle pourrait utiliser plutôt que de pratiquer les "accusations vagues et peu étayées".

 

F. Van Eeckaut et Belga

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