Privatisation de Belfius: le CA de la banque se réunit ce jeudi

Une réunion du Conseil d’administration de la banque publique Belfius prévue de longue date a lieu ce jeudi.
Une réunion du Conseil d’administration de la banque publique Belfius prévue de longue date a lieu ce jeudi. - © JASPER JACOBS - BELGA

Une réunion du Conseil d’administration de la banque publique Belfius prévue de longue date a lieu ce jeudi. Cette réunion va certainement être influencée par l’actualité récente concernant l’avenir de la banque. Le cabinet du ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), a effectivement préparé une note reprenant les différents scénarios possibles pour l’Etat actionnaire de la banque.

Du statu quo à la privatisation totale, cette note doit être examinée par le gouvernement et évidemment, il est très probable que le Conseil d’administration de Belfius en discute dès ce jeudi. Même si le point de vue de l’entreprise a été récemment exprimé par son président, Jos Clijsters: "Une privatisation partielle, c’est-à-dire où une partie des actions seront mises en Bourse et une partie importante reste dans les mains de l’État".

Maintenir le centre de décision en Belgique

Le management et le Conseil d’administration de Belfius souhaitent donc garder l’état actionnaire, ne pas être cédé à un autre groupe financier. "On a besoin de suffisamment de concurrence et on a besoin de banques qui ont vraiment leur centre de décision en Belgique, estime Eric De Keuleneer, professeur à la Solvay Brussels School, ULB. Donc si l’État choisit de vendre une partie de son actionnariat, il faut vraiment espérer qu’il le fasse d’une façon qui maintienne ce centre de décision en Belgique, donc a priori plutôt par la Bourse, et de préférence aussi en gardant une participation afin de maintenir cette stabilité d’actionnariat".

Ce scénario est comparable à ce qu'il s'est passé avec Bpost et Proximus. Après, faut-il que l’État garde la majorité des actions ou pas? Ce sera sans doute un vrai débat, pour autant que la privatisation soit décidée. Eric De Keuleneer, lui, estime qu’avec un état actionnaire à 30 ou 40%, le reste étant coté en Bourse, la stabilité de Belfius serait assurée. Ce n’est pas l’avis de la plateforme "Belfius est à nous", une plateforme qui réunit une vingtaine d’organisations, notamment syndicales, pour qui il ne faut pas privatiser Belfius du tout, pas même partiellement.

Prendre des précautions

Si le gouvernement décide de faire coter Belfius en Bourse, le risque est que la stratégie de l’entreprise devienne liée au marché et que les dirigeants accordent trop d’importance au cours de Bourse. Mais pour Eric De Keuleneer, il est possible d’éviter le danger, à condition de prendre des précautions bien avant une éventuelle introduction en Bourse. "Il faudrait éviter qu’une partie importante de la rémunération des dirigeants soit basée sur le cours de Bourse en tout cas, et même peut-être totalement éviter ces stocks options, qui ont donné de très mauvais résultats dans les banques, et même auprès d’autres entreprises, précise Eric De Keuleneer. Il y a très bien moyen de motiver un personnel et des dirigeants de qualité sans stock options".

Evidemment, la perspective d’une introduction éventuelle en Bourse de Belfius serait une bonne nouvelle pour la Bourse de Bruxelles. C’est en tout cas ce que pense et dit volontiers son patron, Vincent Van Dessel.

Une dernière question se pose: combien l’État pourrait-il espérer d’une mise en Bourse partielle de Belfius? Tout dépend évidemment de la proportion du capital que l’État souhaiterait mettre en Bourse et aussi, bien sûr, de la valorisation de la banque. Aujourd’hui, en tout cas, ce qu’on peut dire, c’est que Belfius vaut beaucoup plus que les quatre milliards d’euros que l’État a dû débourser en 2011 pour acheter à l’époque Dexia Banque Belgique, qui est devenue Belfius.

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