Près de 2000 dollars l'once : l'or, valeur refuge, bat des records

L’or a atteint un record historique à 1930, 48 dollars l’once (31,10 grammes). Selon certains analystes, il ne serait pas étonnant que le cours de ce métal précieux dépasse prochainement les 2000 dollars l’once. En cette période de crise sanitaire sur laquelle se greffent de plus en plus de difficultés économiques, les investisseurs plébiscitent l’or, considéré comme une valeur refuge en temps de crise.

Dans les établissements spécialisés dans la vente et l’achat d’or, c’est actuellement une période d’intense activité. Depuis le mois de mars et la période de confinement, les affaires ont le vent en poupe : " Le courant acheteur est vraiment important et cela a tendance à s’accélérer. Les gens se disent qu’il est temps de sécuriser leur patrimoine et investissent dans l’or, que ce soit dans des lingots ou des pièces d’investissement ", explique Alexandre Convent, administrateur chez Gold & Forex International, à Bruxelles.

Partout dans le monde, les investisseurs se ruent sur l’or.

Plus de 1930 dollars l’once (31,10 grammes), plus de 53.000 euros pour un kilo d’or, ce sont des niveaux records. Plusieurs éléments expliquent cet engouement pour le métal jaune. " Il y a deux éléments majeurs ", explique Alexandre Convent, de Gold & Forex. " Avant, un des éléments contre l’or, c’était de dire que l’or ne rapportait rien et n’était pas conseillé par les investisseurs. Aujourd’hui, on doit payer pour garder de l’argent en compte. Donc, finalement, on économise son patrimoine en achetant de l’or car on n’a pas de coûts pour le fait d’en avoir en portefeuille ", poursuit Alexandre Convent. 

Le deuxième élément, c’est la crainte d’une crise économique et financière : " Ce sont vraiment les gens qui veulent préserver leur patrimoine. Cela devient la valeur refuge parce qu’on se dit qu’avec tous ces milliards qu’on injecte dans l’économie, c’est une potentialité d’incertitude énorme. Donc les gens veulent sécuriser leur patrimoine et achètent de l’or physique. Beaucoup de gens achètent de l’or virtuel, papier, mais d’autres avec un sentiment de crainte veulent du concret, avoir quelque chose en main et achètent de l’or physique " ajoute l’administrateur de Gold & Forex.

Les grands investisseurs, les traders sont aussi friands d’or. Ils l’achètent plutôt sous forme de papier, des certificats, une sorte d’or virtuel qui pourrait être échangé contre de l’or réel. Lorsque les marchés boursiers se sont effondrés en mars, les traders ont vendu leur or en papier pour compenser les pertes en actions. Depuis, ils ont recommencé à acheter de l’or papier pour reconstituer des réserves. " Beaucoup de gens ont acheté de l’or papier également. Les gens qui émettent ces certificats doivent se couvrir en or physique. Donc, ils ont aussi contribué à augmenter les volumes d’achat sur le marché et à la hausse de l’or. C’est à la fois l’or papier, l’or physique et la demande globale qui font le prix de l’or monte ", explique Alexandre Convent.

Pièces en or plus rares et plus coûteuses

Acheter de l’or réel est actuellement de plus en plus compliqué. Les lingots restent disponibles, mais les pièces sont plus difficiles à obtenir. " Les pièces cela devient de plus en plus compliqué. On se bat, on cherche à droite et à gauche pour essayer d’en trouver localement ou au niveau international. On sent que l’élastique se tend et que ça devient de plus en plus compliqué de s’en procurer ", explique Alexandre Convent.

Le risque est grand que le coût de la prime à payer pour une pièce augmente. " La prime, c’est le supplément que l’on doit payer sur la valeur intrinsèque d’une pièce. Aujourd’hui, vous achetez un Krugerrand à 2,5%, 3% au-dessus de sa valeur en or. La valeur intrinsèque de la pièce est de 1650 euros, mais si vous l’achetez, cela coûte 1695 euros, la différence c’est la prime " explique Alexandre Convent. Entre les mois de mars et de mai, cette prime était même montée de 3-4% à 10-12%. Il n’y avait plus assez de pièces sur le marché. Aujourd’hui, le montant des primes est redescendu mais cela pourrait repartir à la hausse dans les mois qui viennent.

Les acheteurs de pièces ont, grosso modo, deux alternatives. D’abord les pièces anciennes, comme le Napoléon de 20 francs, le Souverain anglais ou le Louis belge " Ce sont des pièces anciennes qui ont 100 ou 150 ans. Il y en a un nombre précis et même de moins en moins car une fois qu’elles sont abîmées, on les fond ", précise Alexandre Convent. A côté de cela, il y a les pièces modernes qui sont des pièces d’une once, 31,10 grammes : " Comme le Krugerrand sud-africain, le Nugget australien, le Mapple canadien… Ce sont des pièces qui sont encore produites par les fondeurs dans ces différents pays. Mais dans certains pays, il y a des problèmes de transports, soit les producteurs sont fermés, soit les vols sont perturbés. Donc, cela devient difficile d’en avoir des neufs, c’est plutôt le stock actuel qui tourne ", ajoute Alexandre Convent.

Les coûts se multiplient

Le marché est sous tension depuis le déclenchement de la pandémie du Covid-19. En avril, trois des quatre plus grands fondeurs suisses étaient à l’arrêt. Situés près de la frontière italienne, leur personnel ne pouvait pas travailler. Il y avait aussi une rupture de stocks, plus assez de matière première pour fondre des lingots.

Aujourd’hui, cette situation s’est normalisée, les producteurs d’or africains ont affrété des charters pour rapatrier l’or en Suisse. " Mais cela a eu un impact sur les coûts qui sont devenus énormes. Les transports sont devenus plus chers. La demande étant très forte, les producteurs, les fondeurs nous demandent plus de frais. Et quand ensuite il faut expédier en Belgique, il y a aussi plus de frais. Donc, globalement, il y a beaucoup plus de coûts liés à la production et au traitement de l’or qu’il y a un an ", explique Alexandre Convent.

Archives JT du 05/08/2019 - Marché de l'or : achats en hausse

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